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Oranges d'importation

Dimanche 7 octobre 2007
Nous commémorons aujoud'hui "l'anniversaire" de l'assassinat de la journaliste russe Anna Politovskaïa. J'avais participé l'an dernier à des manifestations sur le sujet. Un an après, l'enquête piétine, comme prévu. Poutine a essayé de jouer la carte de la filière tchétchène mais sans résultat. Quelques articles sur ce sujet:

BBC News: Slain Russian writer remembered

BBC News: Justice demand for Politovskaya

Le Monde.fr (thématique réservée aux abonnés): Assassinat d'Anna Politovskaïa, le mystère demeure


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5451-small.jpg Plus proche de nous, et bien vivante, la pasionaria de la révolution orange (tiens, cette couleur me rappelle quelque chose) est en bonne position pour re-devenir Premier ministre en Ukraine. Il s'agit bien entendu de Iulia Tymochenko. A l'heure où j'écris, et après une semaine très mouvementée en termes d'annonces de résultats des élections législatives et des hypothèses de coalition, la reformation de la coalition orange "pro-occidentale" semble progresser.
Au point que Gazprom, qui n'a évidemment aucun lien avec Poutine et les autres acteurs de la politique étrangère russe, a remis sur la table le dossier des tarifs de fourniture de gaz. Il est évident que les Russes préfèrent discuter avec les "orange" plutôt qu'avec leur ami Iouchtchenko, qui aurait dû se contenter des tarifs énergétiques habituels (quoi, ils sont préférentiels ???). Hmm. Je devrais arrêter avec mon mauvais esprit.
Quelques liens, bien sûr, avec plusieurs journalistes anglo-saxons captivés par la coiffure de notre belle pasionaria:

BBC News:Ukraine in gas talks with Gazprom

BBC News: The queen of Ukraine's image machine

BBC News: Orange bloc 'wins Ukraine ballot'

Le Monde.fr: En Ukraine, les deux partis pro-occidentaux négocient la formation d'une coalition


New York Times: In a political twist, a hairdo as manifesto

Site officiel de Iulia Tyomochenko, en anglais
(un formidable outil pour sa comm' à l'étranger, en passant)

Photo: site officiel Iulia Tymochenko
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Quoi qu'il en soit, je suis de tout coeur avec ceux qui se battent pour la démocratie aux portes de l'Union européenne. Leur combat n'est pas facile. Mais il est juste.


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Vendredi 28 septembre 2007

On ne parle jamais de la Birmanie, sauf ceux qui s'y arrêtent, le temps d'un voyage.

Et voilà que cet Etat arrive sur le devant de la scène. Evidemment, les manifestations des moines (puis d'autres parties de la population) ne sont pas monnaie courante. Alors ça "peut" être intéressant. Pour des raisons que j'ignore (notre attention doit-elle être détournée d'un ou plusieurs autre(s) sujet(s), style l'Iran, l'Irak, le Kosovo, l'Ukraine, le Darfour, la RD Congo, la Somalie, et j'en passe ?), la communauté internationale (le Conseil de sécurité, les hommes et femmes politiques qui y prennent part, et par ricochet les médias occidentaux) semble vouloir mettre le sujet sous les projecteurs.

Evidemment, la première réaction est de s'en réjouir. Si la communauté internationale s'en occupe, ça veut dire que tout ne va pas être possible pour la dictature des généraux. Que l'opposition a des chances d'être soutenue, et qu'une issue favorable à court terme est possible. Ce serait en effet génial, sans parler du symbole Aung San Suu Kyi.

Mais la "rébellion safran" n'est pas assurée de gagner, loin de là. Après quelques jours de "tolérance", la "répression" a commencé, et se poursuivra maintenant qu'Internet est coupé dans le pays. Les synthèses (Le Monde.fr et BBC News) de la situation interne mais aussi des intérêts géopolitiques (Total pour les Français malgré les dénégations hypocrites et sans aucune crédibilité de l'entreprise intéressée, mais aussi la Chine, l'Inde, la Russie...) ne me semblent pas particulièrement porteurs d'optimisme.

Ce n'est pas une raison de ne pas soutenir ceux qui s'engagent au péril de leur vie pour la démocratie (voir par exemple les contributions du MoDem, mais aussi dans un autre style celle de Sandrine, créatrice de l'image de ce billet). Le courage des Birmans est remarquable. Celui de la communauté internationale risque de ne pas être à la hauteur.

Quelques infos supplémentaires:



La "rébellion safran" réprimée
LEMONDE.FR | 26.09.07
© Le Monde.fr


Comment is free: Let's get serious, THE GUARDIAN, Sept. 28, 2007


Et évidemment, sur Amnesty.org:
Violent crackdown on protesters continues
Slideshow: AI joins demonstrations across the globe
Join the protest: Demonstrations and events in your country
Take action: Call on Myanmar authorities to release protesters
Myanmar: UN Security Council must increase the pressure (27/09/07)
Myanmar: Prompt action needed from ASEAN countries (27/09/07)
Open letter to ASEAN member states on the situation in Myanmar (27/09/07)

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Mercredi 26 septembre 2007
Ca s'agite, ça s'agite autour de l'Iran. Et si on prenait quelques minutes pour faire le point ?

Commençons par le commencement. Admettons que l'Iran ne mente pas quand il affirme, par la voix de son Président, qu'il n'est pas intéressé; par la bombe, mais juste le nucléaire civil. Auquel cas, le regard extérieur ne doit pas lui poser plus de problèmes qu'aux autres Etats utilisant le nucléaire civil. N'étant pas sûr que la France ait des inspecteurs de l'AIEA qui visite les centrales EDF et Areva, je dirais "pas de deux poids deux mesures", tout le monde doit être inspecté, parce que c'est un sujet trop sérieux pour ne croire que la parole des uns et des autres, surtout quand il s'agit de politiques.

Oui, mais l'Iran refuse les contrôles extérieurs, même pour son programme civil. C'est le début des problèmes. Parce que quand on n'a rien à cacher, on n'a pas peur de le montrer. Ce qui m'entraîne à croire qu'ils ont quelque chose à cacher. Que l'Iran ment et cherche à avoir la bombe. Jusque là ça se tient. On se trouve à une nouvelle croisée des chemins.

Soit on estime que la détention par l'Iran de la bombe nucléaire n'est pas un problème. Plein d'autres pays l'ont et il n'y a (heureusement) pas encore eu de soucis. La course aux armements et la prolifération sont donc inéluctables, dans cette hypothèse. L'injustice de départ (les puissances nucléaires officielles, les officieuses, et les exclus) est en voie de disparition. Auquel cas, ça ne sert à rien de négocier, sauf à détourner l'attention des opinions publiques d'autres sujets.

Soit, et c'est la "troisième voie" (avant de présenter la seconde), on aimerait retarder au maximum cette situation, que l'on sait pour autant inévitable. Auquel cas on négocie avec l'Iran, et pendant ce temps les recherches avancent. C'est un peu un marché de dupes, ou pour que les Occidentaux "sauvent la face".

Soit on estime que le nucléaire militaire iranien est inacceptable. Que le Traité de non-prolifération doit être protégé, malgré ses failles. Dans ce cas, il faut agir. Et comme je pense, à regret, que la diplomatie, qui dure déjà depuis des années sans avancée notable sauf pour l'Iran qui peut continuer à progresser, ne suffira pas, il faut envisager le pire, pour reprendre la formule controversée de Bernard Kouchner.

J'ai lu, il y a huit à dix jours, peu avant (il me semble) la formule qui fâche de notre Ministre des affaires étrangères, les bonnes pages du nouveau livre de François Heisbourg, publiées par Le Monde. Le chercheur rappelle qu'il n'est pas "va-t-en guerre", qu'il faut évidemment tout mettre en oeuvre pour éviter le recours à la force armée. Je cite:
les conséquences du non-recours à la force, dans certaines hypothèses, risquent d'être aussi dramatiques que l'intervention militaire, voire pires.(...)

Nos pays devront se déterminer par rapport à deux options parfaitement catastrophiques. La facilité consisterait à se voiler la face, à refuser le choix. Cependant, un tel refus équivaudrait à une décision par défaut, à savoir, l'acceptation de la logique de prolifération. Mieux vaudrait, somme toute, poser clairement les thèmes de l'équation : serait-il plus catastrophique de frapper que de ne pas frapper ? Quelles conclusions en termes d'action nos pays devraient-ils tirer de la réponse ? (...)

Si nous voulons éviter un Moyen-Orient où la possession, et le cas échéant l'emploi, d'armes nucléaires devienne la règle, nous devons faire une croix sur les réflexes de rejet, parfaitement compréhensibles au demeurant, que peut inspirer le bilan catastrophique de l'administration Bush. La politique des Etats européens doit s'inspirer de leurs valeurs de base et de leurs intérêts vitaux : la non-prolifération des armes nucléaires est au coeur des unes et des autres.
Evidemment, ça fait froid dans le dos. Mais il faut être lucide. La bombe iranienne, si on est contre, il va falloir se donner les moyens de l'empêcher. Evitons la guerre, ce serait mieux. Mais il me reste, de mes lointains cours de latin au lycée, une maxime qui me semble plus qu'appropriée:
Si vis pacem, para bellum. Si tu veux la paix, prépare la guerre.




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Samedi 1 septembre 2007
Comme promis, quelques impressions sur l'actualité à l'est de chez nous, en l'occurence en Russie. On commence par une petite revue de presse (très "Le Monde", je sais, mais les articles de Marie Jégo sont bien) puis mes commentaires.

 

Kremlin : le bal des prétendants

CAFE BABEL / Dans huit mois, les Russes éliront leur nouveau président. Alors qu’une véritable éclosion des candidatures a lieu, Poutine imposera-t-il une révision constitutionnelle afin de se représenter ?

 




Russie : xénophobie, la loi du silence

CAFE BABEL / Comment dans la Russie de Poutine, les magistrats, les politiques et les médias russes dissimulent de plus en plus les agressions racistes envers les étrangers.





La Russie de Poutine est-elle démocratique ? La question n'entraîne pas de réponse évidente. Plus grave, l'absence de réponse claire indiffère beaucoup de monde. Bien sûr, se fâcher avec Poutine, c'est risquer de voir son approvisionnement en gaz interrompu, ses diplomates expulsés, ses investisseurs dépossédés, ses journalistes menacés (réjouissons-nous, journalistes et ex-espions russes ne sont pas menacés, ils sont internés ou assassinés). Alors on se tait. On ne dit rien quand le Kremlin annonce que ses opposants sont des victimes de la même opposition (ou de ces terroristes tchétchènes, efficaces boucs émissaires), cette opposition qui n'hésite pas à s'entretuer, juste pour "ternir l'image" de Poutine (qu'elle est méchante, cette opposition, qui plus est financée par des forces étrangères occultes...). La théorie du complot étranger (suivez mon regard) ou tchétchène a encore de beaux jours devant elle en Russie. Tant que la population, qui s'informe essentiellement par la télévision (les chaînes sont contrôlées par le Kremlin ou des amis de Poutine), semble suivre...

On m'avait fait remarquer, en cours de sociologie des relations internationales, que les articles des médias français sur la Russie revenaient toujours, parfois entre les lignes, à cette question du fatalisme slave, à ces interrogations sur la démocratisation/occidentalisation du pays. Alors oui, j'ai tendance à appréhender la Russie et ses habitants à travers le prisme du jeune Français passé par Sciences Po, qui lit un certain type de presse (Le Monde, eh oui). Je dois aussi avoir une propension à vouloir donner des leçons (j'essaie d'éviter, mais...). Mais je ne peux me départir d'une inquiétude envers la société russe, d'une inquiétude d'humain qui veut croire qu'on n'enlève pas à certains des libertés dont je jouis et dont ils pourraient bénéficier (pluripartisme, liberté d'expression, d'association, d'opinion, tolérance religieuse, mais aussi protection étatique contre la xénophobie et les discriminations, etc.). Et donc je m'interroge: Que penser ? Sont-ce mes affaires ? Que faire ? Ne sont-ils pas assez "grands" pour se débrouiller seuls ?


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Jeudi 30 août 2007
Comme annoncé, quelques impressions et commentaires sur l'actualité estivale de la politique étrangère de la France.

Il y a eu la libération des infirmières bulgares. Sans passer par les canaux habituels (exit Bernard Kouchner, voilà Cécilia Sarkozy et Claude Guéant), et en occultant le travail considérable accompli les années précédentes, en particulier par l'Union européenne. Sans que l'on sache exactement (malgré des éléments récents) le "coût" de ce dénouement heureux. La situation est telle que je ne peux pas avoir d'opinion: la délivrance de ces femmes et de cet homme est une très bonne nouvelle, et c'est un acquis; alors que les "conséquences" des accords passés avec la Libye ne seront évaluables que dans le long terme. Et ça suppose qu'on puisse dire que six vies valent plus, ou moins, qu'un certain nombre d'autres vies. Une mesure que je souhaiterais éviter: chaque vie est unique et il devrait être inhumain de se demander si ces libérations n'ont pas été "monnayées" trop  chères.

Il y a aussi eu la tournée africaine de Nicolas Sarkozy. Un discours où la colonisation est reconnue comme une faute (heureusement !), mais où notre Président se dédouane un peu trop, à mon avis, de la responsabilité de l'Occident dans les malheurs actuels du continent noir. La colonisation avait perturbé les équilibres locaux, qui resteront immuablement perdus. Et puis maintenant que l'indépendance est acquise, les intérêts commerciaux des uns et des autres (il y a ceux qui ont des ressouces naturelles, d'autres les moyens pour les exploiter; il y a ceux qui ont des armes à écouler et d'autres qui ont l'argent de la corruption à dépenser et des ennemis à éliminer) sont tels qu'en effet, les torts sont partagés. Partagés, pas seulement africains ! Donc je maintiens mon hostilité face à l'attitude sarkozienne de "la fin du repentir", surtout quand, dans le même temps, on n'hésite pas à visiter des chefs d'Etats pas très recommandables. La rupture tant annoncée est timide et décevante.

Notre Président a aussi été ferme concernant le nucléaire iranien. Personnellement, je ne sais trop qu'en penser, sauf qu'à part dire qu'on aimerait bien que l'Iran n'ait pas la bombe, je ne vois pas trop comment on va pouvoir l'éviter... alors pourvu aussi que R. Giuliani ne prenne pas la succession de G. W. Bush l'an prochain, parce qu'on part alors pour la troisième Guerre mondiale !

Nous avons, même si le début de ce post pourrait tendre à faire croire le contraire, un ministre des Affaires étrangères en la personne de Bernard Kouchner. Il s'est rendu au Liban, pour exprimer sa préoccupation. S'il est plutôt positif de suivre ce dossier, on se demande quelle plus-value la France peut apporter face à la Syrie ou (encore) à l'Iran. Israël-Palestine ? Apparemment on n'a rien à en dire (tout se passe donc pour le mieux ?).

Et il y a aussi eu l'Irak. La position sarkozienne de reprendre le dialogue, de tourner (enfin) la page de l'opposition à la guerre, doit être saluée. Se désintéresser des Irakiens au motif que l'on ne voulait pas leur faire la guerre, c'est très moyen (voire franchement odieux) d'un point de vue moral. Une fois cela établi, je re-pose la question de la plus-value que peut apporter la diplomatie française à la sortie de crise. Critiquer le premier ministre puis s'excuser, probablement pour faire plaisir aux Etats-Unis désireux de mettre la pression sur les Irakiens, ça sert à quoi ?

Alors oui, nos responsables de la politique étrangère se déplacent. C'est bien. Ils parlent beaucoup, mais les solutions aux problèmes sont bien cachées. C'est dommage.

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Dimanche 27 mai 2007
Ukraine-Juschtschenko-Wiktor-1.jpg Comme annoncé dans "Orangeveld, c'est quoi ?", je suis de près la situation en Europe de l'Est. Et voici une bonne nouvelle venant du pays de la révolution orange:

Fin de crise en Ukraine
LEMONDE.FR | 27.05.07 | © Le Monde.fr

La même actu sur le New York Times ici. J'attends encore la mise à jour du site de Yulia Tymoshenko...

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