Antoine m’a
demandé ma réaction après la décision de Jean-Marie Cavada d’être candidat aux municipales
parisiennes sous la bannière UMP, et non MoDem, dont il est pourtant l’un des éléments fondateurs. Mon père et Benoît m’ont demandé si j’avais été au
Congrès du MoDem du week-end dernier. J’ai donc eu le temps de préparer mon point de vue, mais jusqu’à présent, pas celui de le
bloguer.
Précision importante, cet avis s’exprime avant que je n’ai examiné sérieusement les Statuts et le Règlement du MoDem tels qu’adoptés à Villepinte dimanche dernier. On peut toujours rêver que je
sois agréablement surpris en les lisant… Je vous tiendrais au courant !
Depuis plusieurs semaines, avec un accroissement important quelques jours après le choix de Cavada et avant le Congrès, les médias traditionnels se sont fait l’écho de ces défections qui n’en
finissaient pas autour de François Bayrou. Je ne suis pas dupe, le thème et le calendrier de ces articles n’est probablement pas fortuit. Il n’empêche. La thèse selon laquelle Bayrou ne sait pas
garder autour de lui qui que ce soit (ou presque) n’est pas nouvelle. Mais j’en prends pleinement conscience depuis peu. Alors bien sûr, le départ de Santini, ou d’autres, ça ne me fait pas
beaucoup pleurer. Mais des gens comme Borloo, Bourlanges, Cavada, Veil, etc., c’est quand même plus préoccupant. François Bayrou a des qualités indéniables, mais il ne sait pas fonctionner en
équipe. A la tête d’un mouvement politique qui aspire aux plus hautes fonctions, c’est un très gros défaut. Elu, quel gouvernement aurait-il pu faire fonctionner ? On dit que la fonction peut
changer l’homme. Mais l’élan des présidentielles était tel qu’il aurait fait changer Bayrou sur ce point si c’était possible. Les défections ont continué.
On peut dire, et je l’ai défendu un moment, que ces départs permettent de faire place nette. Il n’en est malheureusement rien. La date du Congrès est arrivé beaucoup trop tard. Il aurait peut-être
fallu, après quelques semaines de repos suite aux campagnes du printemps, organiser le Forum à la fin de l’été (plutôt fin août que fin septembre), et le Congrès quelques semaines après (style
début octobre). Je pense que cela aurait évité de donner l’impression aux nouveaux venus (impressions qui se sont confirmées au fil du temps) qu’on ne construisait pas un nouveau mouvement, mais
qu’on devait d’abord lutter contre les historiques de l’UDF pour faire changer les choses. Une lutte à armes inégales, la naïveté (inexcusable) de F. Bayrou d’avoir confié les formalités pour
récupérer les financements des élections au nom du MoDem à un historique UDF, ancien chiraquien, incarnant la sclérose de la classe politique française traditionnelle, et donc particulièrement
intéressé au maintien de l’UDF, cette naïveté donc ayant facilité le rapport de force en faveur des anciennes méthodes. Là encore, une erreur d’appréciation difficile à pardonner.
Parce qu’il y a la question des financements. Mais aussi les investitures pour les municipales. Constituer un parti à quelques mois de telles élections, c’est ne pas être en ordre de bataille. A
moins de… oui, à moins de récupérer ce qui existe et qui se prépare depuis plus d’un an, par exemple à l’UDF. Allez, on change les étiquettes, mais finalement on est contraint de faire avec
l’ancien, parce qu’on n’a pas su s’y prendre assez tôt pour proposer réellement du nouveau.
Dans les jours qui vont suivre, je vais quand même regarder de près les textes du MoDem. Mais les compte-rendus et les nombreuses interrogations des blogueurs dans des situations proches des
miennes me font penser que mon encartement au MoDem n’aura duré que quelques mois. Benoît me demandait lundi si, conscient de mes réticences à m’engager avant 2007 dans un quelconque parti, je ne
serais pas définitivement dissuadé. Non. Je suis déçu, très déçu qu’un tel élan se perde, mais je n’ai pas la motivation nécessaire pour essayer de changer les choses de l’intérieur. Je regrette
certes de ne pas avoir anticipé plus tôt que l’UDF n’avait pas intérêt à disparaître et utiliserait les moyens à sa disposition pour se défendre (c’est de bonne guerre, mais c’est une guerre que je
n’avais pas vu venir). J’en veux un peu à Bayrou, car il aurait pu proposer une opposition efficace à Sarkozy en attendant que le PS se reconstruise et soit plus réaliste, et une démocratie a
toujours besoin d’une opposition qui fonctionne (n’est-ce pas Vladimir ?). Une démocratie dirigée par Sarkozy en a encore plus besoin. Quant à mon engagement ultérieur ailleurs, on verra. Pas de
sitôt, probablement. Du coup, je vais encore avoir des interrogations existentielles sur le bulletin à déposer dans l’urne, dans quelques semaines.
Pour finir, une série de liens à consulter sur l’état du MoDem…
… vu par les médias traditionnels (surtout Le Monde)…
…et vu par les blogueurs !
Une série d'appels à "François". Les entendra-t-il ? N'est-il pas déjà trop tard ?
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