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Dimanche 8 octobre 2006
Ce billet a été posté le 8 octobre 2006 sur mon blog perso.

La nouvelle est tombée ce samedi après-midi. Anna Politovskaya, l'une des rares journalistes russes réputée pour ses investigations et ses critiques de la Russie de Poutine, a été retrouvée abattue de plusieurs balles dans son immeuble moscovite.

Heureusement, on peut compter sur la célérité et l'impartialité de la police et de la justice russes pour faire toute la lumière sur cette affaire. On imagine que Vladimir Poutine va mettre toute son expérience et ses réseaux de l'ancien KGB au service de la recherche des commanditaires, sans aucune complaisance, et que la Russie honorera sa longue tradition de démocratie et de respect des droits humains. De leur côté, les Etats "occidentaux" (en premier lieu la France) vont condamner vigoureusement cet acte, et en fonction des informations dont ils disposent et des quelques cellules grises qu'ils peuvent utiliser, boycotter voire sanctionner les commanditaires réels (et non les boucs émissaires) à la hauteur de l'attachement que ces mêmes Etats occidentaux portent pour la liberté de la presse. On n'oubliera pas au passage de soutenir les peuples tchétchènes et géorgiens dans leur lutte pour la liberté (tout court celle-ci), sans se laisser impressionner par ceux qui disent que les méchants ce sont les autres...

J'ai commencé il y a plusieurs mois à lire la traduction française de "La Russie selon Poutine" (lien Amazon); vrai livre d'investigation, il prend le temps de recueillir des témoignages bouleversants sur des drames qui continuent à hanter la Russie, sans que l'opinion publique locale ne réagisse massivement, et sans que la communauté internationale ne tire les conséquences (diplomatiques et autres) de ces états de fait.

Publié dans : Graines d'oranger (archives)
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Jeudi 5 octobre 2006
Ce billet a été posté le 5 octobre 2006 sur mon blog perso.

Le fonctionnement de la justice concerne chaque citoyen. Même le plus innocent d'entre eux peut être victime, ou inculpé avant d'être disculpé. La justice a pour vocation de nous aider à mieux vivre en société, donc si on en a peur, c'est qu'elle ne remplit pas son rôle. On peut très bien se désintéresser du sujet pendant des années, mais la vigilance envers nos instances judiciaires est cruciale le jour où on est concerné. Dans le même esprit que Reporters Sans Frontières (la liberté de la presse ne s'use que si on ne s'en sert pas), je dirais "la justice n'est garantie que si la société civile exerce son contrôle citoyen".

Ce petit "sermon" pour introduire l'enquête passionnante du Monde du 6 octobre:

En Afrique, nombre des problèmes évoqués ici sont multipliés par cent ou mille, de toutes façons il n'y a pas de moyens pour établir des statistiques des imperfections, voire des dysfonctionnements des systèmes judiciaires. Mon stage à PRSF et le séminaire de formation auquel j'ai assisté au Niger (qui avait pour but de trouver des solutions contre la détention préventive abusive) m'ont évidemment particulièrement sensibilisé sur le sujet. Mais j'espère avoir convaincu les lecteurs de ce blog (qui ne l'étaient pas avant) de l'importance de se tenir informer sur les questions judiciaires. Des citoyens vigilants peuvent exiger des responsables politiques (prétendants ou en poste) des garanties. Parce qu'il n'y a jamais de fatalité, et qu'une démocratie, c'est aussi des contre-pouvoirs et des recours face aux autorités (politiques ou judiciaires) en place. Sans ces garde-fous, pas de démocratie.

(Au fait, j'ai découvert sur Google un site recensant plein d'allégories de la Justice... ce qui sera le lien "insolite" de ce post !)
Publié dans : Graines d'oranger (archives)
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Dimanche 17 septembre 2006
Ce billet a été posté le 17 septembre 2006 sur mon blog perso.

Quatre articles ont attiré mon attention.

1. Des experts critiquent la politique d'aide au développement de la France
LE MONDE | 15 septembre 2006 | Maguy Day
Il y a de quoi critiquer... surtout quand nos dirigeants insistent sur notre rôle de "grand défenseur de l'aide au développement", on se dit qu'il est temps de se débarrasser des mêmes dirigeants. Mais l'article a comme conséquence collatérale de nuancer mon avis (notamment exprimé ici) sur l'Agence Française de Développement, que je considérais comme exécutante de bonne volonté de cette politique d'aide au développement. Selon la journaliste, c'est cconcernant la "bonne volonté" de l'AFD que je me trompe. En effet, l'agence serait "limitée" (comprendre "handicapée") par sa tutelle. Ca méritera d'y revenir...

2. Darfour : en attendant la guerre totale
LE MONDE | 15 septembre 2006 | Catherine Simon, envoyée spéciale au Darfour sud
Le Darfour est une zone où être occidental (humanitaire, journaliste...) est un risque mortel. Pourtant, il semblerait qu'après trois ans, et selon un hidden agenda qui m'échappe, les journalistes et une certaine opinion (cf. la journée de mobilisation aujourd'hui, et ce papier de BBC NEWS) décident de re-parler de ce drame. Pourquoi maintenant et pas il y a six mois ?
Des réfugiés dans le camp de déplacés de Gereida (sud du Darfour), le 7 mai 2006. | AFP/JONAH FISHER
Des réfugiés dans le camp de déplacés de Gereida (sud du Darfour), le 7 mai 2006. / AFP/JONAH FISHER

On n'avait pas demandé à Hitler si on pouvait débarquer en Europe et aller jusqu'aux camps, alors que maintenant on sollicite une autorisation au gouvernement de Khartoum ("un peu" impliqué dans les exactions, même si cela est en train de changer comme le montre le reportage de Catherine Simon)... Idem, pour le Rwanda, le génocide avait été préparé pendant des mois, donc quand il a commencé, il a été très rapide, ce qui faisait qu'"évidemment" on n'avait rien pu faire (des signes avant-coureurs, où ça ?); pour le Darfour, on attend que trois ans s'écoulent pour être bien sûr qu'il se passe quelque chose là-bas. Vous ne trouvez pas que la civilisation progresse et tire des leçons du passé ? Mais que vous faut-il ? (...)
Certes, l'Union africaine est sur place (j'ai fait plusieurs exposés et dossiers sur le sujet), mais ne peut être efficace faute de moyens, et d'habitude dans les opérations multinationales (en général, ce sont les autres continents qui apprennent à travailler ensemble pour intervenir en Afrique, et pas l'inverse; or, coordonner des unités militaires de nationalités, de langues, d'équipements, de cultures différentes ne s'improvise pas en quelques jours, qui plus est sur un territoire grand comme la France, face à des adversaires ultra-mobiles). Donc des Casques Bleus sont prévus depuis le 31 août (résolution 1706 du Conseil de Sécurité) mais ils ne sont pas prêts d'être déployés. On attend combien de morts pour y aller ?

3. Une histoire parmi tant d’autres
BONDY BLOG | 15 septembre 2006
Où on espère que la police et/ou les élus locaux ont des "services presse" compétents qui relaieront l'information et mettront fin à ce genre d'histoire, malheureusement banale, mais tellement bête... et indigne de la France.

4. La critique et la contestation citoyennes ont-elles viré à la défiance systématique ?
TELERAMA | 13 septembre 2006 | Interview de Pierre Rosanvallon par Olivier Pascal-Moussellard
Malheureusement pas sur Internet (c'est nul, j'en conviens, mais j'y peux rien), une analyse de la défiance envers le politique et ce qui touche à la démocratie représentative, au profit d'une "contre-démocratie" de protestation et d'abstention, pas anti-démocratique mais "non institutionnalisée, réactive, expression directe des attentes et des déceptions de la société". Parce que si dire que la démocratie est en crise relève de l'enfonçage de portes ouvertes, proposer une analyse et esquisser des solutions (rendre les enjeux sociaux et politiques intelligibles, créer des lieux de synthèse et des moments de cristallisation des opinions) est plus rare et mérite d'être salué.
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Samedi 26 août 2006
Ce billet a été posté le 26 août 2006 sur mon blog perso.

Point de vue
Vive l'Italie, Monsieur !, par Alain Minc

LE MONDE | 25.08.06

<<Habitués à regarder au-delà des Alpes avec condescendance et mépris, comment admirerions-nous un président du conseil terne, peu éloquent, effacé, sincèrement modeste ? Comment pourrions-nous admettre que Romano Prodi incarne, avec son allure de petit-bourgeois de province, le courage politique ? Courage de rappeler que la bonne gouvernance commence par la réduction des déficits publics. Courage de se déclarer viscéralement européen au moment où l'Europe a mauvaise presse. Courage de régulariser d'innombrables sans-papiers quitte à braver les quolibets des nationalistes de tous acabits. Courage d'appliquer brutalement aux professions protégées - taxis, avocats, assureurs, pharmaciens... - les remèdes préconisés en France en 1958 par le rapport Rueff-Armand et jamais mis en pratique chez nous. Courage, de la part d'un gouvernement de gauche, de proclamer sa foi dans le libre jeu de la concurrence pour le plus grand bien des consommateurs. Courage enfin, sans prendre la pose d'une grande puissance, d'échapper au lobby des généraux, au syndrome de la guerre à zéro mort et de porter haut au Liban le drapeau de l'Europe que la France, après avoir fait des moulinets diplomatiques a, par pusillanimité ou inconséquence, laissé tomber !

La gauche française peut aller apprendre du côté de Rome le réalisme et le bon sens économiques ; la droite y découvrir les principes d'une politique d'immigration raisonnable ; et notre diplomatie se convaincre que l'absence de prétention et la capacité d'agir donnent au monde une meilleure image d'un pays que le verbe gratuit, la morgue inutile et à l'arrivée la faiblesse de caractère.>>

Tout à fait d'accord avec Alain Minc. Qu'en pensez-vous ?

J'ai plein d'idées de posts mais je manque de temps pour les faire proprement... Quelques jours bien remplis doivent encore passer, et ça devrait aller mieux après. Merci de votre fidélité !
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Mardi 22 août 2006
Ce billet a été posté le 22 août 2006 sur mon blog perso.

Coup de gueule...


200 hommes... la France envoie 200 hommes au Liban (50 y sont déjà, nous apprend-on avec fierté) en tant que nation leader de la force d'interposition entre Tsahal et le Hezbollah. Comme tout le monde (cf. Où est passée la France ? ; European press review, EDITORIAL; Waiting for Jacques), les bras m'en tombent.

Et j'espère vivement que nos dirigeants vont multiplier rapidement ce chiffre ou démissionner, car quand on a de telles responsabilités, ce n'est pas juste des paroles, mais des actes qui sont nécessaires. La France n'est certes pas une super-puissance, et comme toute nation, sa politique étrangère peut être sensiblement améliorée. Ici, on déploie des trésors de diplomatie (enfin façon de parler vu le ministre), et au moment où on suscite le respect et où notre rôle médiateur est apprécié, on dit qu'on n'a pas les moyens.

Alors bien sûr, on nous dit aussi que le mandat de l'ONU est trop flou (cf. notamment Liban : la mission de désarmement de la Finul serait très limitée) Mais toutes les puissances semblent d'accord pour dire que le mandat doit être fort et clair (tirant pour une fois les leçons de nombreuses erreurs du passé, ce qui est rassurant), donc au lieu de dire que le mandat est faible, profitons du consensus et "dopons-le" !

Arrivée des premiers renforts français à la Finul au Liban sud, le 19 août 2006. | REUTERS/AMMAR AWAD
 
Arrivée des premiers renforts français à la Finul au Liban sud, le 19 août 2006. (REUTERS/AMMAR AWAD)

Petite remarque aussi: 200 hommes seront à pied d'oeuvre début septembre. Six semaines après le début du conflit. Soit on se fout de nous (j'espère (?) presque que c'est le cas), soit la France n'est même plus digne d'être appelée une puissance. On vend des armes à plein de régimes et groupes plus ou moins recommandables, et on se retrouve incapables de projeter quelques milliers d'hommes rapidement au Proche-Orient (une zone où il paraît évident que des plans voire des prépositionnements soient prévus) ?

Si ça continue, je vais écrire une lettre au gouvernement luxembourgeois: s'il a besoin de troupes françaises vers 2085, qu'il nous prévienne tout de suite, on aura peut-être deux gardes champêtres qui pourront l'aider en 2103.

Nuancé... (Edit 24/08)
Jacques Chirac a annoncé jeudi à la télévision que les conditions étant remplies, Paris enverra 1 600 hommes au Liban en plus des 400 déjà déployés. La France est prête à garder le commandement de la Finul.
Finalement... Encore une fois, la France essaie de sauver la face, mais maintenant, ça fait un peu "ah oui mais on veut être les chefs donc si pour ça il faut envoyer plus de soldats, on enverra plus de soldats", au lieu de "on se démène pour obtenir un accord et on se donne les moyens de le faire respecter, en gens responsables". On a un chef d'Etat sénile et puéril... (Je profite d'être en France, car en Pologne, je risquerais trois ans de prison pour dire cela, comme le montre cet article de BBC News).
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Vendredi 28 juillet 2006
Ce billet a été posté le 28 juillet 2006 sur mon blog perso.


Alleluia ! Patrick Jarreau arrive à la même conclusion que moi sur ces hommes/femmes politiques, certes "nouvelle génération", mais toujours aussi menteurs avec les Français. Une phrase résume tout:
"Ni l'un (Sarkozy) ni l'autre (Royal) n'ose dire que ce qui détermine les conditions de vie des citoyens échappe largement à l'emprise de l'Etat"
On a donc la même analyse (cf. notamment ce précédent post)... mais apparemment on sèche aussi tous les deux sur les solutions !
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Jeudi 20 juillet 2006
Ce billet a été posté le 20 juillet 2006 sur mon blog perso.

Evénement annuel, qui a lieu après le 14 juillet pour profiter de la présence de nombreux ambassadeurs et autres "pontes" du Ministère des affaires étrangères (MAE), les "journées" (en 2006, le 18 et le 19 juillet) ont pour but de rassembler tout ce beau monde pour réfléchir à leurs actions et aux améliorations à apporter. Dans le jargon "projet", c'est une banale capitalisation d'expériences et mutualisation de réflexions. Du jargon, il y en aura, avec pêle-mêle le Cicid, la Mayong, le FSD, le SCAC, le DCP, et j'en passe (petit jeu estival: que signifient les acronymes précédents ? bon courage !).

Les journées commencent par un discours suivi d'un débat avec la Ministre déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin. Puis Philippe Douste-Blazy, notre Ministre des affaires étrangères (lire l'excellent quoiqu'inquiétant: Philippe Douste-Blazy, « MisterBluff » au Quai d'Orsay, Le Monde, Article paru dans l'édition du 28.04.06), de retour du Liban, prononce un discours assez long, où on a l'impression (comme pendant l'ensemble de ces journées) que tout va bien et que tout ira encore mieux demain. Quelques perles que je ne peux que partager:
A propos de la CFII (France 24): "La France doit contribuer à la formation de l'opinion publique mondiale". Son faiseur de discours devrait lire ses classiques, au hasard Bourdieu. (En gros, pour ceux qui ne sont pas passés par Sciences Po / n'ont pas de sociologie, Bourdieu explique qu'une notion comme l'opinion publique n'est qu'un artifice, et n'existe pas. "L'opinion publique mondiale", ça le ferait mourir de rire !)
"Les droits de l'Homme sont français, européens et universels." D'abord français, bien entendu... Il a pensé à l'Europe, mais cette gradation m'est incompréhensible. De plus, ils sont toujours en retard d'un concept; les droits de l'Homme ayant une connotation sexiste sont maintenant remplacés par "droits humains", aussi neutres que l'anglais "human rights".
A propos de la coopération internationale: "L'enjeu est de faire réussir la France" C'est vrai, si on ne tire pas de bénéfices de la coopération, pourquoi la faire ? Le but de la coopération n'est donc pas d'aider/d'échanger avec ses partenaires, mais d'en tirer profit. Belle mentalité.

Il y avait aussi des ateliers dont je vous passerais les détails. On y apprend qu'au Sénégal, pour réfléchir sur sa stratégie de communication, les services de l'ambassade se sont "enfermés" pendant deux jours pour un séminaire... (jusque là tout va bien)... sur un bateau (bah oui il faut croire qu'au Sénégal il n'y a pas de salles de réunion sur la terre ferme), tout ça évidemment avec l'argent du contribuable français et sans être dispensé du discours "on n'a pas de moyens". Alors que PRSF se voit refuser des subventions pour des séminaires de formation de la société civile africaine (au sol...) sur le motif que c'est "trop cher"... Résultat de ce séminaire naviguant, un nouveau logo "Coopération France-Sénégal" décliné en T-Shirts et sacs en papier. Je ne ferais pas plus de commentaires sur le sujet...

95% d'hommes à la tribune pour tous les ateliers auxquels j'assiste (4 sur 22), assez imbus de leur personne, incapables de faire des exposés clairs et respectant le temps qui leur est imparti. Un exemple encore de discours qui m'énerve (je l'ai retranscrit dans l'instant tellement ça m'a choqué): A propos de la Chine: "On allait organiser le colloque sur la coopération décentralisée. On avait un peu râlé car le Palais des congrès qui était disponible était désaffecté. Bon, en deux jours, ils l'ont "affecté", à la chinoise, en y mettant le paquet. En plus, il était excentré, on a donc pointé du doigt les problèmes de circulation. Qu'à cela ne tienne, ils ont affecté une voie de circulation uniquement pour les congressistes. Et ça a marché. Je ne sais pas comment la ville a fonctionné mais ça c'est leur problème." Ah, la France a une belle conception du respect de ses partenaires...
Bref, mon souhait de ne pas bosser pour le MAE se renforce de jour en jour, et j'ai honte des "élites" (diplomatiques) françaises. Mais elles sont dans leur monde et à mon avis ne se rendent compte de rien. Heureusement que le Palais des Congrès de la Porte Maillot était climatisé, et que j'avais un beau badge... ;)
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Dimanche 16 juillet 2006
Ce billet a été posté le 16 juillet 2006 sur mon blog perso.

A l'occasion du 14 juillet, et suite aux débats qui agitent depuis plusieurs mois/années notre vie politique, les hebdomadaires s'intéressent à l'identité nationale. Télérama du 15 juillet titre en une: "C'est quoi, être français ?" Plutôt que vous assommer de longs discours sur le sujet, quelques phrases de l'article de Télérama, auxquelles je souscris totalement:
"La sociologue Evelyne Ribert (...) démontre que le débat sur l'identité nationbale n'a plus le même sens pour les jeunes générations. Elle constate une 'mise en cause du modèle d'appartenance nationale', certes plus forte chez les jeunes issus de l'immigration, mais présente aussi chez l'ensemble des jeunes Français, qui manifesteraient, globalement, un moindre attachement à l' 'identité nationale' que les générations précédentes (l'enquête Eurobaromètre de 1997, reprise par Evelyne Ribert, indique que les Français sont parmi les moins nombreux, avec les Italiens, à se définir en fonction du seul critère de leur nationalité). (...) Se sentir 'd'ici', du quartier, d'une ville du '93', de l'Europe (quand on est en vacances à l'autre bout du monde)... Ces identités multiples, et à géométrie variable, semblent mieux correspondre aux jeunes Français quand on leur demande de se définir."
 
Et quelques remarques: une de mes profs préférées à l'IEP, Nadège Ragaru, explique très bien cette idée d'identités multiples en ce qui concerne l'Europe du Sud-est, c'est d'ailleurs l'une des clés d'explication de nombreux phénomènes (on est de telle religion dont on se réclame à l'instant t, mais à l'instant t+1 on se définit selon sa "nationalité", ou selon ses voisins...). Autre remarque: pour moi (et j'imagine d'autres jeunes "Français"), le cadre de réflexion "national" a de moins en moins de raisons d'être, entre communautarisation et décentralisation... mais nos politiques continuent à faire comme si, d'où décalage aggravé.

Deuxième "marronier" du 14 juillet, le débat sur notre abominable hymne national. Je vous conseille de lire à ce sujet le "disputatio" (une rubrique débat avec une page pour un camp et une autre pour le camp opposé) de Réforme du 13 juillet. Son titre: Faut-il changer les paroles de la Marseillaise ? Principaux arguments développés:
Non car…
– c’est une part de notre héritage que nous devons assumer.
Bernard Delannoy, directeur de l’Aumônerie protestante aux armées
Non car…
– modifier l’hymne risquerait de remettre en cause l’unité nationale
Jean Besançon, ancien militaire de carrière
Oui car…
– il existe une grande discordance entre la nature du message de l’hymne et les aspirations de la France
Christian Guillet (Cet ancien militaire de carrière a créé un site et une association pour doter La Marseillaise de nouvelles paroles.)
Comme je ne suis pas objectif dans la matière et que je ne m'en cache pas, allez donc voir le site de Christian Guillet ici. Voilà pour ce post très franco-français ;)
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Mardi 4 juillet 2006
Ce billet a été posté le 4 juillet 2006 sur mon blog perso.

Le véritable apport de Mme Royal, par Zaki Laïdi

LE MONDE | 04.07.06 © Le Monde.fr
J'y découvre le concept de life politics, qui me paraît correspondre à ce que je ressens. J'y découvre également, mais sans le comprendre, un nouvel emploi du mot "triangulation" (si quelqu'un pouvait m'expliquer ?). Et pour finir je ne trouve pas que Ségolène Royal incarne cette life politics. Elle est aussi convaincante dans ce rôle que Fabius et sa moto... et ce n'est pas un compliment ! D'ailleurs j'attends la prise du pouvoir au PS par ces "nouveaux adhérents" assoifés de renouveau. D'ici là, tout ce qui vient du PS (enfin presque, il ne faut jamais être trop catégorique) aura extrêmement de mal à m'enthousiasmer.
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Jeudi 22 juin 2006
Ce billet a été posté le 22 juin 2006 sur mon blog perso.

Pas beaucoup le temps de bloguer, le tri et les cartons m'occupent bien ! Néanmoins, zoom, via un article du Monde, sur une initiative perçue à l'époque comme risquée: les conventions ZEP et Science Po Paris, aujourd'hui valables également avec l'IEP de Lille.
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