Ce billet a été posté le 26 février 2007 sur mon blog perso.
En parcourant la blogosphère, je suis tombé sur le blog de Quitterie Delmas. Elle milite à l'UDF, et est très "vidéogénique". A partir d'une vidéo qu'elle a déposé sur son blog via Dailymotion, je
vous propose une série de remarques, notamment sur l'engagement des jeunes en politique, les médias, la présidentielle... Un peu un "commentaire de document" comme quand j'étais étudiant !
Pour commencer,
le lien vers son blog, un
rappel de mon opinion politique selon le
Politest (qui date un peu mais mes convictions sont globalement les mêmes) et la vidéo en question. (Ca c'est de la méthode !!!)
1. C'est la première fois que je vois le Grand Journal de Canal Plus, même un extrait... Ce (long) extrait ne me convainc pas de l'intérêt de l'émission. Bref, c'est accessoire. Bon, sérieusement,
sur le lancement du sujet par Ariane Massenet, il est plutôt... nul à mon avis (annoncer les invités en imaginant que dans vingt ans, ils seront candidats à la présidentielle, c'est naïf ou elle
avait vraiment pas d'idées); en plus, dire qu'ils ont commencé à faire de la politique très tôt, ben ça supposerait qu'entre la majorité et l'âge supposé "normal" pour faire de la politique, il y
ait plus d'une décennie. Absurde. Ensuite, quand nos trois "jeunes" débarquent, deux phénomènes: on les "starisent" énormément (des vrais "jeunes", qui font de la politique dans des partis, c'est
tellement bien pour des médias en quête de choses simples pour que le téléspectateur n'ait surtout pas d'effort à faire), et on les infantilise un peu. Parce que Bernard Kouchner, on ne l'appelle
pas Bernard, mais Bernard Kouchner. Les jeunes, eux, le prénom leur suffit. Arrêts sur Images avait noté le même phénomène "pseudo-proche" mais infantilisant chez Arlette Chabot, en particulier
avec les jeunes "de banlieue".
2. A propos de nos trois jeunes. Notez le sourire Colgate de Quitterie, habilement placée entre deux hommes, la présence des minorités qui deviennent visibles grâce à Mounir, et le style absolument
euh... (j'ai pas d'adjectif mais je n'aime pas) de Charles-Edouard. Il porte, par son hexis corporelle et vestimentaire (diraient les sociologues), les stéréotypes du jeune "pas comme les autres"
qui milite à l'UMP. La chemise ouverte avec un col incroyable, et puis son engagement "par hasard lors d'un meeting", et son avidité sur le magazine très illustré que présente plus tard la
chroniqueuse... ils le font exprès, ou ils sont vraiment comme ça, aux J-UMP ? Parce qu'en terme d'image, je n'ai qu'un qualificatif, il est lamentable. Quitterie est mieux, par exemple (mais
faudra décrisper le sourire quand même).
3. Sur les discours: ils sont bien appris (sauf Charles-Edouard, qui a décidément du mal). Un bel exposé d'idées vieilles comme le monde et qui sont très bien accueillies tant qu'on ne fait qu'en
parler. Exemple ? L'enthousiasme de Bernard Kouchner pour le renouvellement du personnel politique. Et puis tous professent qu'ils font de la politique parce qu'ils pensent pouvoir changer le monde
avec. Hum. Ils n'ont pas compris grand'chose à la complexification croissante de notre monde contemporain, ces jeunes. Il est peut-être souhaitable (je ne me prononce pas sur le sujet) que les
politiques reprennent une part de pouvoir sur certains paramètres économiques, sociaux, etc. Mais dans l'état actuel, on ne peut pas dire que c'est en faisant de la politique que l'on va pouvoir
améliorer le monde. Enfin c'est peut-être moi qui me trompe, ils ont dit "changer le monde", j'ai traduit (trop vite ?) en "améliorer le monde" ;)
4. Dans les questions que les invités s'adressent, à noter la maladresse maladive de l'UMP (via son "représentant" sur le plateau) qui n'arrive décidément pas à comprendre que les querelles
stériles, même sur les faiblesses (certaines) de Ségolène en termes de politique extérieure et de défense (mais Nicolas Sarkozy s'est aussi fait avoir, selon une
méthode à la mode mais controversée d'interrogatoire), sont particulièrement lassantes; à
noter au contraire l'habileté de Quitterie, qui choisit un sujet montrant la pertinence du positionnement de l'UDF et pourquoi un gouvernement d'union nationale avec des gens ayant le souci de
l'intérêt général (ça doit exister...) est possible. Elle sauve aussi la mise de Charles-Edouard, éméché et enfumé lors d'une fête UMP... Mounir ne jure que par la "méthode", les ségo-slams et
autres débats participatifs. C'est sûr, avec ça, le chômage va diminuer !
5. Après toutes ces discussions trop sérieuses, un peu de détente avec la très instructive (!) présentation des gadgets et produits dérivés des jeunes des partis.
6. Le départ de Kouchner: il serre d'abord les mains, en restant assis; puis dès qu'il se lève, il se dit qu'une petite bise, c'est sympa aussi. Bizarre, je trouve (et le montage n'est pas bon, vu
qu'on se rend compte de la chose !).
7. La suite de l'émission dans l'extrait ? Un magazine pour mecs, des brèves très brèves, des images pas sympas pour nos amis (?) les chasseurs, nos députés promo 2002-2007 en prennent plein la
figure, etc.
8. La dernière question : le plus grand défaut des candidats:
Nicolas Sarkozy: ses partisans
François Bayrou et Ségolène Royal: le clientélisme envers ceux qui aiment la pédagogie.
Bilan ? Ce n'est pas tout-à-fait par hasard que j'ai fait ce petit exercice... il me permet de conforter mon opinion, je pense que le vote Bayrou me convient. Non seulement il semblerait que ça
puisse être un vote "utile" (ouf, je me souviens de la première fois où je votais... un certain 21 avril), qu'il soit le plus proche de mes convictions européennes (tendance fédéraliste),
économiques (le pragmatisme avec du libéralisme corrigé par des touches sociales) et institutionnelles (la Cinquième a suffisamment vécu)... mais comme les deux fois où je l'ai vu (à l'IEP, en 2002
et en 2005), il m'a consterné par les bêtises de ses discours, j'espère qu'il ne va pas faire de gaffes. Parce que je n'en suis pas à un vrai vote d'adhésion, pas à un embrigadement comme celui de
nos trois jeunes... Mais pour l'instant, le PS et l'UMP font son jeu en étant hostile au "bon sens" qu'il propose.
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