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Lundi 18 juin 2007
h-9-ill-920846-legis.jpg Sans surprise, c'est George Pau-Langevin qui a été élue député de la 21ème circonscription de Paris (partie du 20ème arrondissement), avec 62,7% des voix, contre 37,3% à Raoul Delamare, UMP. Mon bureau a, comme d'habitude, dépouillé en un temps record les quelques 1080 bulletins pour près de 1600 inscrits, et a donné une majorité encore plus nette à la candidate socialiste (66,7 % contre 33,3 % très exactement, même si on ne l'a pas fait exprès).

A ma table de dépouillement, un autre citoyen consciencieux me disait qu'il pensait que le "dérapage sur la TVA sociale" était téléguidé par N. Sarkozy pour éviter d'avoir une majorité trop écrasante (ce qui pose parfois plus de problèmes au gouvernement qu'une courte majorité, et aurait vraiment valorisé les critiques du mode de scrutin, alors qu'ainsi, la majorité est suffisamment confortable pour pouvoir manoeuvrer sans trop se remettre en cause, ce qui n'est de toute façon pas une habitude pour une droite qui se dit "décomplexée"). Trop machiavélique et pas crédible, pensent mes collègues au travail. Je ne sais pas... mais ce "couac" me laisse perplexe (en effet, il s'agit d'une mesure prévue pour 2009, sans aucune urgence d'annonce, ce qui rend crédible la thèse de la préméditation; d'un autre côté, prendre un (petit) risque de ne pas avoir de majorité, c'est jouer à l'apprenti sorcier, et je pense au contraire que N. Sarkozy a tout ses diplômes de sorcellerie).

Alors quid de cette nouvelle Assemblée ? On passe du 86ème au 58ème rang mondial en terme de parité. C'est mieux, mais on a encore des progrès à faire. Des députés "de couleur" ? Hors DOM-TOM, il n'y en a qu'une seule... celle de ma circonscription ! Une raison de plus pour laquelle je suis heureux de vivre dans le 20ème arrondissement, c'est "ma France comme je l'aime", multicolore, tolérante, vivante...

Les autres conséquences de ce second tour des législatives:
- le départ d'Alain Juppé: je pense que c'était un homme de valeur, mais trop marqué par le chiraquisme. Il pourrait apporter à la France... mais tourner la page (le mouvement social de 1995, Chirac) semble vraiment difficile.
- l'annonce de la rupture de Ségolène Royal et François Hollande (la "une" du Parisien du lendemain des élections, ça a suscité quelques remarques assez critiques); je m'en moque, ce qui compte, c'est ce que va devenir le PS;
- la relative "non-défaite" du PS est à cet égard, et à mon avis (Antoine pense le contraire) une très mauvaise nouvelle. Les ambitions des (ré-) élus et des autres sont aiguisées. Un signe favorable de la rénovation de la gauche et du PS pour commencer, ça devrait être l'avancement du Congrès à avant les municipales. A la rentrée par exemple. Il est urgent d'agir. Si on attend fin 2008, on trouvera encore d'autres prétextes pour ne pas s'y mettre. La gauche et le PS en particulier ont été déjà trop mauvais ces dernières années, il est temps que tous se reprennent, la France a besoin de deux pôles (et d'un centre) combatifs et imaginatifs.
Publié dans : Oranges françaises
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Jeudi 14 juin 2007
Ce mercredi soir, Quitterie Delmas avait invité les militants parisiens du Modem (enfin, son réseau élargi des "Jeunes libres") à discuter d'une part des législatives, et d'autre part des futures étapes de la constitution du Modem.

IMAGE-088.jpg Un journaliste du Parisien, Ludovic Vigogne, était invité pour faire un petit debriefing des élections. Il n'honore pas sa profession, en courant aux raccourcis, au manichéisme qui, évidemment, n'est pas en faveur du Modem. Il n'hésite cependant pas à affirmer, preuve à l'appui (selon lui, Nicolas Sarkozy n'aurait pas dû être élu Président de la République, en vertu de l'immuable alternance et de l'opposition que le personnage suscite), qu'un journaliste politique se trompe toujours. Il faisait de l'ironie, mais... Bref, son intervention, pas particulièrement brillante, a permis de mettre les pendules à l'heure, et l'heure n'est pas à la fête au Modem.

La seconde partie, en effet, consistait en des débats autour de la question, jamais exprimée, de "par où commencer ?" pour que le Modem ait un avenir et qu'il puisse être utile à la France. Parmi les "moins inconnus" présents, il y avait Corinne Lepage et Gaby Cohn-Bendit (je viens de parler de son frère - j'avais vu Gaby lors d'une conférence à Sciences Po Lille autour de 2002). Parmi les réflexions intéressantes (parfois juste du bon sens, mais...), j'ai noté: IMAGE-102.jpg
- il est facile de critiquer les modes de scrutin; mais pour influer sur leurs définitions, il faut peser, et se pose alors la question des alliances;
- l'absence de Ségolène Royal de l'Assemblée, les débats internes au PS qui s'annoncent, la personnification du pouvoir autour du Président, les talents de communication de François Bayrou... Non, la vie politique française entre 2007 et 2012 ne passera pas par l'Assemblée. Les choses se passeront ailleurs. Plutôt une chance pour le Modem !
 - Gaby Cohn-Bendit: "il ne faut pas avoir de sectarisme du centre: le centre n'est qu'un point; une vision d'un segment, qui va de l'extrême droite à l'extrême gauche, a un centre-droit, un point central,  un centre-gauche; il ne faut surtout pas refuser de lancer des passerelles et refuser de discuter avec des personnes de centre-gauche ou de centre-droit sous prétexte qu'on est pile au centre !"
IMAGE-107.jpg - lors des futures élections européennes, le Modem sera le seul parti à l'engagement européen clair et indiscutable (à moins d'un miracle côté socialiste); ce sera un atout;
- Corinne Lepage: "le Modem doit être le parti de la société civile"

Après ces beaux principes, comment s'organise-t-on ? Le flou le plus total règne sur les "assises démocrates" prévues fin août. Créer des statuts, faire du "bottom-up" (du bas vers le haut, c'était l'expression la plus employée de la soirée), c'est bien joli, mais ça se fait avec qui ? selon quel calendrier ? avec quelles modalités ? Pour l'instant, il a été décidé plus ou moins que les participants à l'apéro créeront des outils pour commencer à travailler sur... Sur quoi, en fait ? Ca va de la gouvernance souhaitée au sein du Modem à l'élaboration de la doctrine et des idées à promouvoir. Les deux doivent être menés en parallèle, entre Yahoogroupes, wikis, médias citoyens (Agoravox, Horizon démocrate...).

Et moi dans tout ça ? J'attends de voir les outils. Si je pense pouvoir y trouver une place, je la prendrais. D'ici là, j'écoute. C'est déjà pas mal !

IMAGE-097.jpg
Publié dans : Quartiers d'orange (Modem)
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Mercredi 13 juin 2007
Vous avez vu la vidéo de la conférence de presse de N. Sarkozy au G8. Aujourd'hui, la thèse de l'ébriété est remise en cause par deux sources. Le présentateur belge, tout d'abord, qui s'excuse de la proportion prise par l'affaire. Et puis un journaliste suisse, opportunément repris par Le Monde, qui avance l'hypothèse d'une excitation naturelle mal maîtrisée.

Alors bien sûr, la pluralité doit jouer dans les deux sens. Avoir plusieurs explications de la même scène, je suis d'accord. Mais quand les explications qui défendent Sarkozy arrivent le même jour, et curieusement de deux médias étrangers (comme si on voulait nous faire croire que c'est insoupçonnable, car c'est étranger), je ne peux m'empêcher de me poser des questions. D'autant que le rappel des faits et des précédents dressé par Marino montre bien que si le doute n'existe plus dans les directions des médias (les rédactions ont parfois d'autres soucis), il va falloir que nous, les citoyens, nous en ayons deux fois plus.

Dans la même veine "une presse libre, point d'interrogation", je transmets aussi mes inquiétudes concernant des émissions comme Arrêts sur images, qui voient leur reconduction reportée.

(Au fait, j'ai appris incidemment, en surfant après avoir lu les sujets du bac de philo, que l'art du doute est appelé par certains la zététique. Le mot est sympa, je me suis promis de le placer quelque part. Dont acte).
Publié dans : Oranges françaises
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Lundi 11 juin 2007
Bon, ceux qui ont fréquenté la blogosphère ce week-end ont vu et revu cette vidéo de notre nouveau Président, qui a visiblement cru qu'il tiendrait mieux l'eau glacée (c'est ce qu'il dira, sous le prétexte que l'eau et la vodka, ça a la même couleur) que Poutine. Il veut peut-être aussi montrer qu'il connaît bien les habitudes des présidents russes, mais il a généralisé le cas d'Elstine. Bref, c'est pas glorieux.


Donc hier, c'était le premier tour des législatives. Je suis allé voter après le culte, vers 13h. Pas de file d'attente, et un candidat, dont le nom ne figurait pas sur les professions de foi (il y en avait une au nom d'une obscure "France en action" qui s'autoproclame "parmi les 10 premiers partis français après nos premières élections, les Européennes 2004"), n'avait même pas fourni de bulletins de vote. C'est malin, çà.

Peu avant 20h, une dame, visiblement votante pour la première fois, énerve l'ensemble des assesseurs et suscite la consternation parmi la vingtaine de scrutateurs en attente du dépouillement (dont moi, donc).  Elle hésite devant la liste de bulletins, demande aux assesseurs les programmes de l'un, de l'autre, s'interroge sur la pile sans bulletins, finit par rentrer dans l'isoloir et ressort la tête, demandant à la cantonade: "personne n'a de papier blanc ?". Elle tend tout n'importe comment au président du bureau, qui doit rester concentré pour ne pas mettre la carte dans l'urne et ouvrir l'enveloppe. Il lui signale, bien embarrassé, que "ce que vous avez déclaré tout à l'heure est strictement et formellement interdit par la loi". Qu'aurait-il pu faire ? La bailloner ? Ca aurait fait désordre, et c'est aussi interdit. Bref, il s'en est bien sorti. Mais des votants comme ça, on préférerait qu'ils s'abstiennent !

Le dépouillement a été ultra rapide. Forte abstention (enfin comme la moyenne nationale), et forte mobilisation des scrutateurs bénévoles (ça semble une tendance lourde de mon quartier, dont je me réjouis).  Plus de 25 pour dépouiller environ 1200 bulletins, c'est vite fait.

pyrenees.jpg Dans ma circonscription, la 21ème de Paris, il y avait celui qui n'avait pas de bulletins, celles qui avaient des patronymes malheureux (Lehideux pour le FN, Pinochet pour LO). Et puis il y a avait les quatre principaux candidats. Sur les cartes, l'UMP arrive en tête. Bizarre quand on sait que l'arrondissement a donné plus de 40% à Ségolène Royal au premier tour, et 60% au second... Mais normal quand on sait que la "gauche" hors extrême était représentée par deux candidats, l'une officielle du PS, et l'autre député sortant (et maire de l'arrondissement), exclu et donc dissident du PS. Quand on additionne leurs scores, ça fait 42%, contre 28% à l'UMP. La candidate officielle, représentante aussi de minorités, a fait un peu moins de 28%. Je suis heureux que le méchant dissident n'ait fait que 14%. Ca lui apprendra. Il a déjà appelé à voter pour George Pau-Langevin, la très probable future députée. Le candidat du Modem a fait un 10% honorable.

Je suis soulagé, parce que je n'aurais pas pu voter pour Michel Charzat (le PS dissident), ni pour l'UMP au second tour. Le maintien de George Pau-Langevin me permettra de mettre autre chose qu'un bulletin blanc dimanche prochain.
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Jeudi 7 juin 2007
Le lien vers l'entretien dans Télérama n°2995, du 6 juin (photo Léa Crespi pour Télérama).

M0706041103510-p1.jpg Je suis d'abord avec tout, ce qui est rare, et inclut:
- les raisons de la défaite de Ségolène Royal;
- ce qu'aurait dû dire la candidate socialiste sur des sujets comme les retraites;
- la refondation de la gauche et ce qu'on doit faire de la gauche antilibérale;
- même le positionnement de Bayrou (je pense en effet que pour le moment, c'est vers la gauche que doit pencher le centre);
- le fait qu'on peut être écolo sans être à gauche;
- le rejet, très français, de tout ce qui est "libéral", même si ça pourrait être une solution pour sortir du nucléaire (!);
- le rappel que les décisions "de Bruxelles" sont celles d'élus nationaux et pas de sombres bureaucrates;
- les réserves concernant les ministères Juppé et Kouchner;
- l'utilisation électoraliste de "mai 68" comme épouvantail.

Une telle analyse, ça m'épate. Si, si.
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Mardi 5 juin 2007

J'espère qu'il y en aura, des désistements, au nom du pluralisme et d'une minorité efficace à l'Assemblée en face de l'UMP, ces deux éléments étant, à mon sens, d'intérêt général. Le MoDem, qui se veut "libre", aux "alliances" au cas par cas, a intérêt à jouer cette carte. Enfin ce n'est que mon avis !
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Dimanche 3 juin 2007
Je dépends de la 21ème circonscription de Paris. A quelques rues près (le découpage est curieux), je dépendrais de la 20ème. Qu'importe.

La 21ème circonscription étant à tendance socialiste (le député sortant -le maire du XXème arrondissement- est socialiste, et Ségolène Royal a fait des scores comme 42% dans mon bureau au 1er tour), on pourrait penser que ce sera un siège facile pour le PS, ce qui ne sera pas un mal dans l'optique d'une Assemblée-pas-toute-UMP. C'était sans compter sur la bêtise incroyable des socialistes du coin. Au lieu d'un candidat, il y en a deux.

portraits-gpl-064.jpg D'abord, George Pau-Langevin, femme (comme son prénom l'indique mal) et de minorité visible. Candidate officielle du PS depuis des mois.

charzat20e.jpg Ensuite, Michel Charzat, maire du XXème, et donc -pour ceux qui suivent-, le député sortant. Candidat dissident du PS, dont il vient d'être exclu (ai-je lu ce soir dans Le Parisien, comme quoi le mécanisme d'exclusion existe bien au PS, même si François Hollande semble ne pas savoir s'en servir), sans compter, dixit Le Parisien toujours, qui couvrait la visité-éclair de Ségolène Royal à George Pau-Langevin hier, sans compter donc des poursuites judiciaires, car ce vénérable homme blanc de plus de soixante ans, multirécidiviste des élections, a fait "hacker" le site de sa rivale.  Un personnage sympathique, ce M. Charzat. Un cousin de Tiberi, peut-être.

Tout ça pour dire qu'en y mettant un tel enthousiasme,  les socialistes et leurs exs semblent vraiment des machines à perdre infaillibles.

Je suis sûr qu'il y a de tels problèmes dans les autres partis, mais en tout cas pas dans ma circonscription. Mon candidat, c'est le seul et unique du Modem, Didier Bariani (j'aurais préféré que ce soit une femme, jeune, enfin qu'on sorte un peu du portrait-robot du député français, qui ne représente pas la diversité de la population française, et en particulier de cette circonscription !!!).
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Vendredi 1 juin 2007
Jeudi dernier lors du lancement du Modem au Zénith, j'avais répondu à quelques questions d'un ami journaliste à Réforme. Voilà le résultat...

Réforme n°3226 - 31 mai 2007

Actualité - Législatives

La foi des convertis

Forts d’un succès sans précédent, les centristes visaient, pour les législatives, les premiers rôles. Las, François Bayrou et les siens ont vu quasiment disparaître tous leurs élus, passés dans le camp de Nicolas Sarkozy. Le Mouvement démocrate a pour seul trésor ses nouveaux militants.

par Frédérick CASADESUS

A nouveau, les cornes de brume, à nouveau l’espérance des grands soirs. Le Mouvement démocrate a vu le jour et ses militants, familiers et branchés, le surnomment déjà le Modem. Disons-le tout net : quoique des adhérents directs donnent à ce parti politique un aspect de fédération, le Modem ressemble furieusement à l’UDF. Même couleur orange, même programme et surtout même leader, François Bayrou pour les intimes. Enfin, furieusement… Jeudi 24 mai, c’est une foule joyeuse et sage, plutôt jeune mais familiale, urbaine par tempérament mais parfois rurale par origine, qui marchait d’un bon pas vers le Zénith de Paris.

Maître des lieux plein d’allant, François Bayrou a dès le début fixé le cadre de la soirée : à la rencontre d’un homme ou d’une femme avec le peuple succède une aventure collective. Place aux élections législatives. De nombreuses personnalités se sont exprimées à la tribune, suscitant la ferveur et les rires, les applaudissements nourris ou le silence réfléchi – ce qui, dans un meeting, ne manque de surprendre. Parmi les élus présents, Jean-Marie Cavada paraissait l’un des plus populaires. L’ancien journaliste, droit comme un i, déclamant d’une voix timbrée des paroles martiales, possède ce qu’il est convenu d’appeler une présence. Il en joue sans effets, ce qui signe un acteur efficace.

Docte mais drôle, Jean-Pierre Rioux n’a pas résisté à la tentation de la comparaison : « François Bayrou, comme Pierre Mendès France, a la haine du mensonge, le souci du vrai en politique et l’idée qu’il y a toujours une république moderne à construire. » Mais, sans doute conscient du risque d’établir un parallèle entre le président de l’UDF et l’homme qui n’a pas gouverné la France pendant plus de six mois, l’historien précise : « Le Mouvement démocrate est l’épicentre d’une agitation sismique qui a commencé à faire bouger les plaques tectoniques de la cinquième République. » Offrant une formule heureuse, le comédien Vincent Lindon dit aux militants : « Vous étiez un parti de notables, vous êtes en train de devenir un mouvement populaire. »

« Ni gauche, ni droite »

Dans la salle comme autour de la scène, l’enthousiasme semble dominer. Le cynisme ou les rivalités de clan n’ont pas cours au Modem. Pas encore. « J’étais plutôt de droite, raconte Alvaro, nouvel adhérent. C’est la campagne électorale qui m’a fait prendre conscience que François Bayrou peut donner beaucoup à la France. Pour diriger notre pays, je préfère quelqu’un de souple mais déterminé. » Flegmatique, attentif et néanmoins souriant, le jeune David a rejoint le Modem parce qu’il pense que cette formation lui donnera sa chance, tiendra compte de son point de vue plutôt que de le cantonner au rôle de junior. « J’aime bien l’idée du “ni droite, ni gauche”, affirme de son côté Nathalie. J’ai toujours voté à droite, mais cette année, j’ai fait confiance à François Bayrou. J’ai voté pour lui au premier tour et, au second, j’ai déposé un bulletin “Ségolène Royal”. Il faut faire bouger notre pays. »

Si le parfum du printemps berce l’assemblée, le réalisme l’emporte chez les responsables politiques. L’épopée que conduit François Bayrou relève du pari de Pascal, mais elle pourrait s’achever par un fiasco si aucun candidat n’était élu au soir du 17 juin. 23 députés sur 29 ont rallié l’UMP, tandis que l’un des plus proches du président de l’UDF, Hervé Morin, exerce désormais la fonction de ministre de la Défense.

Il est des situations plus confortables, mais les partisans de François Bayrou ne se démontent pas. Jean-Luc Benhamias, ancien responsable des Verts, a rejoint le Mouvement démocrate. S’il a conscience que le mode de scrutin n’autorise pas de grands espoirs, il croit fermement à la fidélité des électeurs. « Je ne connais pas les conditions du succès, mais je constate que François Bayrou a enclenché une dynamique politique, dit-il. Nous avons plusieurs mois pour transformer cet engouement en un vrai mouvement, pour établir des liaisons tous azimuts avec les nouveaux adhérents et répondre à leurs attentes. » Une attitude résolue qui s’affranchit du sectarisme. « Le Modem doit soutenir à fond ce que veut réaliser Martin Hirsch et les ambitions du Grenelle de l’environnement, prévient Jean-Luc Benhamias. Ce n’est pas parce que ce sont Nicolas Sarkozy et François Fillon qui les mettent en œuvre que nous devons rejeter des objectifs qui nous semblent positifs pour le pays. »

75 000 adhérents en deux semaines

La menace d’une défaite électorale ne paraît pas effleurer grand monde au sein de l’équipe dirigeante. Rappelant que 75 000 adhérents ont rejoint le Mouvement démocrate en deux semaines, Dominique Lepennec, l’un des collaborateurs de François Bayrou, souligne que les candidats sont bien accueillis par les citoyens : « Tous nos candidats ne seront pas élus, dit-il avec lucidité, mais si l’on pouvait craindre que les électeurs, après le tohu-bohu médiatique, soient fascinés par Nicolas Sarkozy, je suis désormais certain que nous préserverons notre identité. » Consciente des risques encourus, Corinne Lepage, présidente de Cap 21, association qui s’apprête à rejoindre le Mouvement démocrate, estime que des alliances locales, pour régler des triangulaires désagréables, pourront exister entre le Mouvement démocrate et le Parti socialiste. Mais elle rappelle que la priorité doit revenir à la consolidation d’un pôle central, capable d’assumer l’alternance.

Reste que l’arithmétique a vite fait de doucher quelque peu les élans de meeting. Un député sortant de l’UDF a rejoint Nicolas Sarkozy au lendemain du premier tour de la présidentielle. Il justifie son geste par le fait que les électeurs de sa circonscription ne suivaient pas, selon lui, la stratégie d’autonomie de François Bayrou. Mais l’état de grâce du président risque de n’avoir qu’une durée limitée et le député qui vient de rejoindre le président élu n’hésite pas à préparer ses arrières : « Si l’on me demande de tout voter sans discuter, je reviendrai peut-être vers l’UDF. » Le centre, la place idéale pour un balancier ?

A la tribune du Zénith, François Bayrou, déclarait : « Les ralliements, les changements de camp, préparent toujours des déceptions et des disparitions. » Conjurer le désastre et préparer sa revanche, peut-être s’inspire-t-il de la méditation d’Hamlet : « Mourir, Dormir ; Dormir… Rêver peut-être. »

 


Choses vues : saint François laïc

Michel Leplay, pasteur et ancien directeur de Réforme, était aussi au Zénith avec François Bayrou. Témoignage.

Nous étions des milliers, ce jeudi, au Zénith, à Paris, une jeunesse survoltée en survêtements orange. Le soussigné journaliste, tenant en ses mains papier et crayon, dispensé d’applaudir, n’en penserait pas moins. Car il y a beaucoup de générosité chez ce prédicateur de généralités humanistes, démocratiques et morales. Tout est d’une profondeur spirituelle et d’une tonalité presque biblique, mais cela va mieux sans dire, tant la santé républicaine est une sorte de sainteté laïque qui ne dit pas son nom. Il y eut des constats qu’Ellul n’eût pas désavoués, par exemple : « La communication détourne l’attention et empêche la réflexion. » Et d’évoquer sans les nommer les sourires de l’une, les galopades de l’autre sur les « étranges lucarnes ».

Furent énumérés sept principes directifs pour la dynamique du Modem, entendez par ce mot nouveau le Mouvement démocratique dans le commencement même de son élocution. Donc sept directives principales pour une nouvelle génération politique, intelligente et pluraliste, engagée et « fraîche ». Le tout sur une philosophie de la réalité comme vérité (clin d’œil à Hegel, « tout ce qui est rationnel est réel » ?). Mais où sont les « intellectuels » capables de discerner les signes des temps et de participer à la construction d’un projet humain réaliste et d’une démocratie pluraliste et sociale ?

Sans rien vouloir récupérer ni influencer quiconque, on pourrait penser qu’il y a un peu de protestantisme dans cette minorité utopique et dans son espérance qui « n’a pas besoin de réussir pour persévérer ». Avec le secours des applaudissements aussi nourris que nourrissants, puisque, terminait notre saint François laïc, sachant que nous autres, petites gens, avons besoin de grandes phrases : « On ne voit pas le soleil quand l’aube approche. » En attendant, il y avait une sorte de soleil au zénith.
Michel Leplay

 

Publié dans : Quartiers d'orange (Modem)
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Dimanche 27 mai 2007
Ukraine-Juschtschenko-Wiktor-1.jpg Comme annoncé dans "Orangeveld, c'est quoi ?", je suis de près la situation en Europe de l'Est. Et voici une bonne nouvelle venant du pays de la révolution orange:

Fin de crise en Ukraine
LEMONDE.FR | 27.05.07 | © Le Monde.fr

La même actu sur le New York Times ici. J'attends encore la mise à jour du site de Yulia Tymoshenko...
Publié dans : Oranges d'importation
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Samedi 26 mai 2007
J'ai souvent affirmé que je ne m'engageais dans aucun parti par refus des compromis et des cuisines plus ou moins honorables qui dénaturent la bonne volonté citoyenne. Le Modem, étant neuf, devait pour moi être une opportunité de voir les choses changer. Mais, via le Big Bang Blog, j'arrive à cette page de De source sûre. Et, si on change les partis, on ne change pas forcément les habitudes des uns et des autres.

Quand j'avais appris que Quitterie Delmas ne serait finalement pas investie, je me suis dit: "il y a sûrement des considérations que j'ignore qui ont présidé à cette décision" (avec un a priori neutre ou indulgent). Et puis selon DSS... on retombe dans des considérations "comment mettre des batons dans les roues à mes amis du même parti ?". Pas très intérêt général, tout ça.

Alors combien d'épreuves me réservent mes premiers mois au Modem ? Ma patience et mon indulgence sont limitées. J'espère donc que cet épisode ne sera qu'une exception, et que le Modem saura éviter ce genre de situations...
Publié dans : Quartiers d'orange (Modem)
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