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Samedi 25 août 2007
Depuis plusieurs années, Nicolas Sarkozy nous a habitué à sa sévérité envers les délinquants et les criminels. "Tolérance zéro", "racaille", "Kärcher", c'est de lui (la "racaille" est à nuancer dans le sens où l'expression lui avait été soufflée).

A nouveau comme d'habitude, Nicolas Sarkozy devenu Président fait ce qu'il dit (ou s'en approche), ce qui est, on l'a déjà dit, une "rupture". Ce qu'il dit, c'est une politique de droite, et comme il a été élu sur un tel programme, on ne peut pas lui en vouloir ni s'en étonner, c'est la règle de la démocratie.
Les annonces se multiplient donc dans tous les domaines. Dont la Justice, un des thèmes (avec l'Education nationale) sur lesquels je suis très attentif. Petit rappel de l'actualité récente:


Row as France debates crime law
In Europe, BBC News
The French parliament discusses a tough crime bill amid a row over new Justice Minister Rachida Dati.

L'Etat d'émotion
LE MONDE | 21.08.07
© Le Monde.fr


Deux autres liens, avant de continuer:
- mon point de vue sur la justice, l'affaire de tous
- un éclairage sociologique sur le débat prévention/répression

Réduire la criminalité en faisant du chiffre, que ce soit pour la police ou pour la prison, c'est la ligne de Nicolas Sarkozy et de Rachida Dati. Avec plusieurs idées sous-jacentes:
- la présomption d'innocence n'a qu'à bien se tenir (car si on a maille à partir avec la police ou la justice, si on est un tant soit peu suspect, c'est qu'il y a une raison à cela);
- les délinquants et criminels sont tous de dangereux individus multirécidivistes qu'il faut empêcher de nuire et qui sont probablement irrécupérables (d'abord la prison, puis la médecine... on imagine que l'abolition de la peine de mort, rendue constitutionnelle, pourrait devenir un problème de notre nouveau Président);
- quand un acte de délinquance ou un crime est commis, il n'y a qu'une souffrance, celle de la victime (alors que cela témoigne souvent de la détresse de la personne qui est responsable, et toujours d'une certaine faillite de la société dans son ensemble);
- la prison ne règle pas les problèmes (ce qui justifie la création d'un contrôleur, mais aussi les mesures médicales et l'encadrement prôné à la sortie, mais beaucoup moins cette volonté de "remplir" les prisons).

Il ne faut pas beaucoup d'efforts pour démontrer la dangerosité, ou au moins l'absurdité de certaines de ces évolutions. Encore une fois, tant que chacun pense qu'il n'est pas concerné, pas grand'monde ne s'émeut (sauf les habitués, comme Amnesty International, ou l'OIP, par exemple). C'est bien dommage, l'histoire et l'actualité récente montrent bien que l'erreur judiciaire est une réalité. Rare, sans doute et tant mieux, mais si on attend d'en être victime pour se saisir de la question, c'est trop tard.

Des solutions ? Je n'en ai pas des masses. Comme le rappelait très pertinemment un lecteur de Télérama la semaine dernière, Victor Hugo disait "Ouvrir une école, c'est fermer une prison". En France, on embauche 1 600 nouveaux agents de l'administration pénitentiaire (en soit ce n'est pas mauvais, c'est plutôt le contexte qui est problématique) et on ne renouvelle pas 11 000 employés de l'Education nationale. La France de 2020 sera belle...
Publié dans : Oranges françaises
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Mercredi 22 août 2007
Ca se voit dans les statistiques de fréquentation du blog: les vacances arrivent à leur terme, il va être temps de se remettre aux choses sérieuses ! Deux-trois remarques, en guise de rentrée du blog.

Je m'étonne, avec quelques amis, de l'absence (ou de la très grande discrétion) de préavis de grèves et autres journées d'action, en particulier dans la fonction publique et surtout l'Education nationale. On pourrait presque croire que le non-renouvellement des fonctionnaires partant à la retraite ne pose aucun problème. C'est André Santini (je devrais le qualifier de "traître", mais...) qui doit être content...



On parle aussi beaucoup, au boulot et avec des amis, de ce fait divers qui va faire faire plein de bêtises à Sarkozy concernant la pédophilie. Pourquoi soigner les gens après la prison (et non avant ou pendant) ? S'ils sont malades, leur régime de détention doit être adapté à leur pathologie... De plus, la castration chimique est loin d'être consensuelle, même en ce qui concerne son efficacité (spéciale dédicace à l'AFP-TV reporter !), alors quand on aborde les questions morales et éthiques... La vision sarkozyste n'est pas celle d'un homme d'Etat: la justice ne doit pas être uniquement menée pour la victime et ses proches, telle une vengeance; le criminel est membre de la même société, de la même humanité que nous (même si ses actes sont odieux). La société ne peut pas se dédouaner de sa responsabilité envers un individu faible, qui doit s'amender certes, mais qui doit surtout être accompagné. Et, encore une fois, mais c'est anecdotique, toute cette histoire ne valorise pas l'image de mon ancien quartier-mon ancienne ville (Roubaix)...


Dans les autres sujets intéressants, à noter le point de vue de F. Rebsamen, qui va (selon moi) dans le bon sens, les autres socialistes ayant profité de l'été pour ne pas dire trop de bêtises (ce qui est déjà pas mal), il va maintenant être temps de se mettre à réfléchir... et agir !


Il y aurait aussi beaucoup à dire en ce qui concerne la politique étrangère (l'Irak, notamment), ou ce qui se passe dans d'autres pays (la Russie), mais ce sera l'objet d'une prochaine note.

Côté MoDem, j'attends toujours ma carte (ah, les symboles...), et le Forum des démocrates doit être en pleine préparation. Ce sera du 13 au 16 septembre, mais je ne pourrais m'y rendre, enchaînant réunions sur réunions le 14 et même le samedi 15 (c'est toujours comme ça, je dois bosser trois samedis par an, et il faut que ça tombe à ce moment...)
Publié dans : Oranges françaises
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Mardi 31 juillet 2007
Ah, il s'en passe, des choses. Pendant que la gauche se suicide, que le Modem se concentre sur sa construction (je m'y mets, comme indiqué dans mes réponses aux commentaires de mon billet ), que les Français sont en vacances, le gouvernement et le Parlement progressent (enfin, ils réforment; est-ce toujours des progrès, c'est une autre histoire): réforme de l'Université, loi sur le service minimum, franchise médicale, non-renouvellement de milliers de fonctionnaires, loi sur la récidive... La rentrée va être dure !

Mémo actualisé des promesses et de leur réalisation
Publié dans : Oranges françaises
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Samedi 21 juillet 2007

 Vous en pensez quoi ?

Publié dans : Oranges françaises
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Jeudi 19 juillet 2007
Rappel des faits:

Composition de la commission, PlusNews


Le talent politique de Nicolas Sarkozy est encore à l'oeuvre. Alors que les dernières élections auraient pu signifier l'enterrement de tout débat institutionnel (pourquoi changer un système qui permet à la droite d'être si bien élue ?), le Président continue son travail de sape de l'opposition. Par la composition même de ce groupe de 13 sages, mais surtout par l'existence du débat institutionnel.

Bien sûr, rien ne dit que les travaux de cette commission se concrétiseront et/ou seront suivis d'effets. Mais, à la différence de son prédécesseur (qui se serait empressé de noyer le poisson), Nicolas Sarkozy nous habitue à dire puis à faire ce qu'il dit. C'est évidemment surprenant par rapport aux us et coutumes politiques que nous connaissons. Il est  donc à mon avis inutile de se bercer de faux espoirs. Même le champ de la réforme des institutions ne sera pas laissé à l'opposition.

Avec un Président aussi habile, il faudrait justement une opposition qui se surpasse en intelligence et en inventivité. Il faudrait.
Publié dans : Oranges françaises
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Mardi 17 juillet 2007
Ce mardi matin, sur le chemin vers la station de métro, je reconnais George Pau-Langevin, député socialiste de la 21ème circonscription de Paris -la mienne-, pour laquelle j'avais voté au second tour. Ni une, ni deux, je retire les écouteurs de l'iPod de mes oreilles et la salue.

S'ensuivent deux-trois minutes de discussion, jusqu'au kiosque à journaux pour elle et la bouche de métro juste à côté pour moi. Je lui fais part de mon inquiétude face à la situation du PS. J'ajoute que je pense que la France a besoin, la démocratie a besoin, d'une opposition efficace. Elle me répond en me parlant de J. Lang, du fait qu'il devrait accepter de ne pas être toujours en haut de l'affiche; j'acquiesce, le PS a bien besoin de renouvellement ! Elle me dit aussi qu'elle "espère" que le PS va sortir de cette période de turbulences, mais ne semble pas très sûre de savoir si et comment ça va se faire.

Après cette sorte de micro-trottoir, je suis assez content, c'est la première fois que je discute un peu avec le(la) député de ma circonscription (depuis toujours), qu'en l'occurence elle a le contact facile, et ne m'a pas sorti de langue de bois (ie sur Lang, justement !) mais j'ai un petit regret... Je ne lui ai pas demandé comment se passaient les séances actuelles à l'Assemblée (il y a des lois qui y sont discutées jour et nuit... j'espère qu'elle se rendait au Palais Bourbon, d'ailleurs !).

Au fait, en parlant de Jack...
Publié dans : Oranges françaises
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Lundi 16 juillet 2007
Depuis mon adhésion au MoDem, j'ai eu la chance de recevoir, comme tous les adhérents, plusieurs mails de François Bayrou. Ayant aussi assisté à plusieurs réunions autour des "Jeunes libres" de Quitterie Delmas, qui se reconvertissent en "MoDem 4.0" , je m'étais aussi inscrit au Yahoogroupe et au Wiki correspondant. Mais.

D'abord, de la part de la "machine" MoDem. On m'a promis le 13 juin ma carte. Je l'attendais avec impatience, vous pensez, c'est ma première carte de parti politique. En fait, je l'attends toujours... Et on est le 16 juillet !

Toujours venant du "haut".  Début juillet, un e-mail proposait de s'inscrire pour une réunion avec F. Bayrou, une discussion sur les bases du parti en construction, discussion prévue quelques jours après. 48 heures après, c'est déjà fini, il n'y a plus de places. L'adhérent au MoDem doit donc être réactif s'il veut participer !

Grâce à la presse essentiellement, les détails des étapes constitutives du MoDem se précisent. Enfin, plutôt le calendrier. Il y aura la mi-septembre (les Assises démocrates), puis novembre. Mais quid des attributions des Assises démocrates ? Et des réunions des instances de l'UDF ? C'est bien beau de se voir, mais pour faire quoi ?

Dans une stratégie "bottom-up" (du bas vers le haut, pour les résistants aux anglicismes), le MoDem 4.0 fourmille d'idées. Une soixantaine d'inscrits au Yahoogroupe, c'est en moyenne 200 à 300 mails par semaine. Même avec les vacances, même avec les "synthèses" Yahoo de 25 messages, le rythme est très soutenu, les discussions assez difficiles à suivre. Les réunions se programment également, mais malheureusement (là, ce n'est pas leur faute), je peux difficilement y assister, j'ai des journées et des soirées bien remplies ! Le Wiki a été mis en place, il est beau mais ne sert pas vraiment. Encore une fois, on manque un peu d'objectifs.

Alors oui, je suis un peu perdu, et un peu en retrait. Déjà...

Même si je trouve important de changer avec les habitudes des partis (mais est-ce vraiment possible ?), j'estime que ce chaos, au début un peu amusant, est assez décourageant. A moins de passer ses journées devant un ordinateur et de consulter et réagir dans la foulée aux nombreux e-mails,  -ce qui n'est évidemment pas possible pour tout le monde-, on est un peu isolé. Et comme, en plus, on ne sait pas vraiment ce que sont les échéances... Ce serait bien plus simple, et mobilisateur en ce qui me concerne, de savoir qu'à la mi-septembre par exemple, les différents groupes le souhaitant déposeront un texte concernant (toujours par exemple) les valeurs et les grandes idées politiques du MoDem, et qu'on adopte l'une de ses orientations; et que, par la suite (ou avant, je rappelle qu'il s'agit d'un exemple), une procédure claire soit identifiée pour recenser les idées et permettre le choix d'un système organisationnel pour le parti. Parce qu'avoir des idées, mais sans savoir quand et comment les présenter, c'est plutôt moyen en termes d'efficacité.
Publié dans : Quartiers d'orange (Modem)
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Mardi 10 juillet 2007
Publié dans : Oranges françaises
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Lundi 9 juillet 2007
Le discours de politique générale de François Fillon

En intégral, sur le site de Matignon; en synthétisé, sur Plusnews; en décalé, chez Juliette

Pas eu le temps ni le courage de regarder ou lire en entier son discours, je me contenterais de réagir par rapport aux "grandes lignes" retenues par Plusnews.


  •  
  • Le modèle social français : à « repenser de fond en comble». Bien d'accord. Maintenant, le repenser, ça veut dire quoi ? Et puis le repenser, ça se fait avec qui ? Mon avis est qu'il faudrait commencer par identifier des interlocuteurs représentatifs. Style les conseils économiques et sociaux. Ou des syndicats reboostés.
  •  
  • La démocratie : à renouveler. Présidentialisation ? Je ne suis pas foncièrement contre. Renforcer le Sénat ? Euh... Beaucoup moins d'accord. Même si y intégrer plus de proportionnelle ira dans le bon sens, le fait de garder une chambre structurellement de droite, c'est pas terrible pour l'équilibre des pouvoirs.
  •  
  • La procédure législative : à dépoussiérer. Je ne connais pas les problèmes des Commissions parlementaires mentionnées. Je ne me prononce donc pas. Mais peut-être pourrait-on en effet augmenter leur visibilité, ça permettrait que les citoyens lambdas puissent avoir un avis sur la question !
  •  
  • Le dialogue social : développer la concertation. De belles intentions, mais si on n'aide pas les syndicats à être plus représentatifs (et, à mon avis, plus pragmatiques), ça s'arrête à des intentions.
  •  
  • L’université : la « priorité absolue ». Difficile d'être contre. Il y a tellement à faire. A-t-il parlé d'une augmentation des moyens pour l'orientation ?
  •  
  • Le collège : des études dirigées en 2008. Ca va être dur avec moins de profs et plus d'élèves... Non ?
  •  
  • Le chômage,  «cancer de la France».  Contrat unique et Small Business Act m'intéressent particulièrement. Mon "a priori" est neutre voire positif; plus qu'à attendre les détails, pour vraiment juger.
  •  
  • Politique étrangère : le terrorisme, l’Iran et l’Union méditerranéenne. On s'en moque, vu que de toute façon c'est le Président qui fera. Et puis, identifier des menaces, on sait faire. Quelles nouvelles idées a-t-il, par exemple sur la question iranienne ? Parce que moi, je pense qu'on est coincés.
  •  
  • Défense : des choix budgétaires «pas faciles». Autant je suis d'un naturel pacifique voire pacifiste, autant je crois que pour espérer peser sur certaines crises et idéalement y apporter des solutions efficaces, il faut en avoir les moyens. Oui au deuxième porte-avions. Sur la dissuasion nucléaire, je suis très embêté. Je trouve horrible que de telles armes existent, et je serais plus rassuré si on s'en séparait. Il me paraît absurde qu'un Etat puisse vouloir l'utiliser mais dans ce cas c'est vrai que la dissuasion peut marcher. Si l'arme tombait aux mains de terroristes ? Avoir nous-mêmes des bombes ne changerait rien, vu qu'il s'agit d'individus avec lesquels la dissuasion ne serait pas efficace. Enfin et en général concernant la défense, je pense et souhaite que l'avenir soit européen. Qu'il y ait progressivement une fusion des forces des Etats de l'Union, avec par exemple un tiers chargé de la protection des frontières de l'UE, un tiers prêt à être déployé "unilatéralement" avec l'UE, et un troisième tiers déployé multilatéralement avec l'ONU et/ou l'OTAN. Mais bon, faut pas rêver. (L'indication des "tiers" est approximative, évidemment, vu que je ne suis pas très renseigné sur le sujet)
  •  
  •  Quartiers sensibles : un plan égalité des chances. Moins d'élèves par classe dans les "quartiers sensibles" ? Avec moins d'enseignants ? Ca veut dire moins d'heures de cours ? En attente de précisions pour confirmer ou non cet a priori négatif.
  •  
  • Immigration : «choisie et non subie». Facile à dire... Tiens, il faudra penser à inviter B. Hortefeux au cinéma !
  •  
  • Justice : «doit s’adapter aux évolutions de la société». Voir plus bas.
  •  
  • Les defis du vieillissement et de l'assurance-maladie. Un peu de parler vrai sur la situation, c'est positif ! Eh oui, va falloir côtiser plus longtemps, prendre en charge la dépendance... et plus tôt on s'y met, moins ça devrait être difficile. Sur les franchises et le ticket modérateur, il va être difficile de ne pas désavantager les plus pauvres, et/ou les plus malades (qui sont parfois les mêmes). J'aimerais bien avoir une solution alternative mais... je sèche !

* *
*

Le débat sur l'amnistie et la grâce du 14 Juillet

Quelques précisions sur Plusnews; le (début de) débat chez Tristan Mendès-France

D'abord, un petit merci à Plusnews (d'où les liens sur ce billet) pour m'avoir rappelé la distinction entre amnistie et grâce. Dans les deux cas, N. Sarkozy montre une certaine cohérence: pour lui, toute infraction doit être punie, et toute punition doit être subie jusqu'au bout. On ne peut pas dire qu'il nous avait promis le contraire... Alors évidemment, la question de la surpopulation carcérale est posée. Mais amnistie et grâce ne sont que des fausses, ou des très mauvaises réponses à la question.

Le problème de fond réside plutôt dans le choix politique de favoriser les peines alternatives et les aménagements de peine. Théoriquement, c'est consensuel. Mais avec un certain courage politique, nos élus préfèrent dire que l'"opinion publique" (notez les guillemets) préfère la prison. Dès lors, pas question d'affecter des moyens (déjà rares en période de baisse d'impôts) à des mesures plus coûteuses, même si elles sont plus efficaces contre la récidive, qui, est-il nécessaire de le rappeler, est l'ennemie numéro 1 de notre Président.

Alors Sarkozy va peut-être jouer la carte des aménagements de peine, parce que des prisons explosives, c'est pas terrible. Il peut faire nommer des observateurs des établissements pénitentiaires. Mais il ne semble pas prêt à se lancer dans l'évolution des mentalités où la société française considérerait enfin les délinquants et criminels en général et les prisonniers en particulier comme des individus à réintégrer le mieux possible dans le tissu social à l'issue de leur peine. C'est dommage, à mon avis, c'est une des clés du "mieux vivre ensemble".
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Lundi 25 juin 2007
J'en sors, de l'enseignement supérieur. Et j'ai des idées.  Alors quelques réactions face à la réforme concoctée par le gouvernement et N. Sarkozy, et quelques pistes pour une réforme intelligente (non, ce n'est pas un gros mot).

D'abord, les faits. Le projet de texte en PDF, sur le site du Ministère. Et le dossier de l'UNEF sur le sujet.

1. Sur les Conseils d'administration

Diminuer le nombre de membres pour renforcer l'efficacité de la structure... Je suis plutôt pour. Les syndicats étudiants sont contre, car ils risquent de peser moins dans les Conseils. Mais ils sont déjà obligés de s'allier avec d'autres membres pour peser. Alors un peu plus... Je pense sincèrement que l'obligation de construire des "alliances" peut faire avancer les débats et arriver à un "plus" collectif.

2. Sur le rôle du Conseil scientifique
Il n'est que consultatif. C'est peu. D'un autre côté,  le projet semble favoriser l'efficacité aux dépens des débats. C'est donc cohérent, notamment avec la question du Conseil d'administration. Mais un peu de débat ne peut faire de mal à personne... suivez mon regard !

3.  Sur l'autonomie et le principe du volontariat
Donner plus de liberté, selon le volontariat... En théorie, c'est sympathique. Dans les faits, je partage les inquiétudes concernant l'aggravation (car il existe déjà) d'un enseignement supérieur à plusieurs vitesses. N'aurait-il pas mieux fallu, comme le préconisait un récent rapport (je mets le lien quand je le retrouve), commencer par créer des universités plus compétitives, c'est-à-dire plus "grosses", et donc plus puissantes, avant de lancer ce chantier ? Il aurait ensuite été temps de leur donner plus de marge de manoeuvre, à toutes et en même temps (pas de volontariat)... Alors que là, en effet, les plus petites vont vivoter ou lutter pour survivre sans espoir de grandir, alors que les plus grandes développeront leur avance...

4. Sur l'élargissement des possibilités de financement
Là, je suis pour à 100% avec la réserve qu'encore une fois, les plus gros établissements risquent d'être favorisés (plus de ressources humaines à affecter à la collecte de ces fonds, plus de visibilité à offrir aux financeurs, etc.). Mais multiplier les ponts entre privé et public est bénéfique, à mon avis.


Krakow-0584-copie-1.JPG Vue du Collegium Majus, musée de l'Université Jagellone, à Cracovie (décembre 2003)

5. Ce qu'il faudrait faire, à mon (humble) avis

Le principal problème de l'enseignement supérieur en France est, selon moi, celui de l'orientation. Notre système éducatif est, dès le primaire, l'occasion de poser la question "qu'est-ce que tu veux faire, plus tard ?" sans jamais proposer de temps de réflexion. Une année Erasmus m'a été bien utile.
Je pense qu'une année d'orientation doit être prévue soit après le bac, soit après la fin de l'enseignement obligatoire (donc l'âge de 16 ans), sans aucun cours. L'objectif ? Permettre au jeune de multiplier les stages d'observations, de participer à des "semaines d'orientation" sur les filières où on assisterait à des cours-types sur le sujet  mais pas seulement (par exemple une semaine pour ceux intéressés par le Droit, qui alternerait cours d'initiation à la discipline et aux outils de travail, rencontres avec des étudiants, avec des professionnels, avec des employeurs pour connaître les débouchés, etc.)
Au cours de cette année, le jeune pourrait confronter l'idée qu'il se fait de certains secteurs avec la réalité, trouver de nouvelles perspectives... Quoi de plus dramatique qu'un premier stage dans le secteur convoité à bac+5, après 5 années d'études coûteuses pour l'étudiant et l'Etat, stage durant lequel on se rend compte qu'on n'est décidément pas fait pour ce secteur ? Stop aux gaspillages ! Mieux orientés, les étudiants seront moins nombreux dès le départ (pas question de sélection à bac +3 ou +4, comme ça) car certains auront pris le temps de se rendre compte que les longues études ne sont pas pour eux (au lieu d'abandonner des filières surchargées en cours de première ou deuxième années), et les autres seront motivés. A moyens équivalents, les étudiants "restants" seront moins mal lotis car moins nombreux.
Reprendre l'idée de l'UNEF quant à l'allocation d'autonomie durant cette année, modulée en fonction des revenus des parents (un peu de redistribution financière ne fait pas de mal, surtout que le système des pistons dédommage largement les familles qui ont les moyens de plus prendre en charge leurs enfants).
De même, je pense que l'augmentation des frais d'inscriptions, si elle est compensée par un système de prêt intelligent (l'étudiant diplômé commence à rembourser une fois son premier emploi obtenu) n'est pas, en soi, une mauvaise idée. Elle permet de responsabiliser l'étudiant (oui, les études ont un coût et ne doivent pas être un choix par défaut) et doit être accompagnée d'une réelle obligation des établissements d'assurer l'avenir professionnel des étudiants. Evidemment, l'Université ne doit pas devenir la case "formation" des entreprises. Elle doit conserver son esprit de théorisation, de recherche, etc. Mais là encore, multiplier les ponts, développer la culture de "résultats" (sans que ce soit la seule, je le répète), un peu à l'image de la LOLF, ça ne ferait pas de mal.

Ces idées, qui reprennent un peu de ce que propose le gouvernement, et de ce que propose l'UNEF (syndicat dont l'allégeance à droite n'est pas des plus évidentes, ;) ) sont typiques, et ce n'est pas prémédité, de ce que pourrait proposer le MoDem. Du pragmatisme, prendre (ce qui me semble) le meilleur où il se trouve et construire à partir de cela. Vous en pensez quoi ?

EDIT 26/06: Le dossier n'est pas bouclé. Les dernières news:

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