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Dimanche 26 février 2006
Ce billet a été posté le 26 février 2006 sur mon blog perso.

Pour qui roulent les "déclinologues" ?

LE MONDE | 24.02.06 | © Le Monde.fr
Encore un "papier" du Monde que j'apprécie particulièrement ! Comme quoi, il s'améliore... Je vous copie-colle deux extraits que je trouve très pertinents:
Que disent leurs livres, leurs discours, leurs éditoriaux ? Que la France est maintenant à un point nodal de sa crise et qu'elle doit s'interroger. "En Allemagne, il y a eu dix ans de débat sur le déclin avant d'engager l'Agenda 2010, assure Nicolas Baverez. Le président Roman Herzog lui-même avait parlé de "dépression morale et mentale du pays"." Mais l'historien s'agace : "La France est le seul pays où deux premiers ministres, Raffarin et Villepin, refusent d'évoquer le sujet et nous renvoient bêtement à la "positive attitude". Et, pourtant, un pays qui laisse à sa jeunesse le choix entre le chômage ou l'exil est bien un pays en déclin." Régression des investissements, plaie du chômage, Etat obèse et pourtant impuissant à régler les difficultés sociales. Crise économique, donc. Mais atonie intellectuelle aussi, et peut-être surtout. "Nous avons certes reculé au sein du peloton européen, mais les retournements économiques sont toujours possibles", note Alain Minc. "En revanche, affirme le président d'A. M. Conseil et président du conseil de surveillance du Monde, il y a un terrible déclin de l'esprit. Quand on voyage dans le monde, on s'aperçoit physiquement de cette rétraction. A aucun moment, les Français n'ont saisi que les choses de l'esprit relevaient aussi de la compétition mondiale. Or regardons ceux qui partent. Les Français de 40 ans le font pour des raisons de revenus. Ceux de 60 ans pour des raisons de patrimoine. Pour ceux-là, c'est un problème technique qui peut se résoudre par la fiscalité. Mais les jeunes de 20 ans qui quittent le pays le font pour des raisons d'électricité de l'air. La France est un pays très politique, et dix ans sans projet politique aident le pays à se défaire."

Et:
La majorité des socialistes reste cependant très réticente à entrer dans un débat qu'elle juge d'abord porté par la droite. Le mot heurte aussi l'idée de progrès, de fin positive de l'Histoire, intrinsèquement liée au marxisme. "La gauche sous-estime les dégâts du discours de défiance à l'égard de la France, car cela l'obligerait à changer sa ligne de réflexion, regrette pour sa part le maire d'Evry et député de l'Essonne, Manuel Valls. Mais si les déclinistes de droite ont souvent un discours à l'emporte-pièce, nous traversons incontestablement une crise civique et morale qui est liée à la pratique du pouvoir de François Mitterrand et de Jacques Chirac."
Les intellectuels de gauche, après avoir laissé le thème à la droite, s'interrogent cependant sur la crise morale et économique française. Le philosophe Marcel Gauchet, Jacques Attali, l'ex-conseiller de François Mitterrand, l'essayiste Jacques Julliard débattent des raisons pour lesquelles
"les Français ont perdu le goût de l'avenir", ainsi que l'a résumé le journaliste Jean-Claude Guillebaud. Comme il l'a été auparavant dans plusieurs pays européens, le débat est donc lancé en France. Pratique du pouvoir, réformes économiques, réincarnation de l'Etat, ces sujets-là sont généralement abordés et - au mieux - résolus à la faveur d'une élection présidentielle ou d'un changement de génération aux manettes d'un pays. Nous y voilà.


Sans oublier, dans Le Monde 2 n°106 (25 février), un reportage sur le "réveil de Roubaix", bien entendu d'un point de vue culturel (La Piscine, La Condition Publique...) et même socio-économique (arrivée de "bobos", chômage passant de 33% à 22% (hum...), commerces...). Après l'Express l'an dernier, les médias commencent à réparer les dégâts qu'ils ont causé à l'image de la ville. Tout ne décline finalement pas !

Publié dans : Graines d'oranger (archives)
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Mercredi 25 janvier 2006
Ce billet a été posté le 25 janvier 2006 sur mon blog perso.


Déclassement : quand l'ascenseur social descend

LE MONDE | 23.01.06 © Le Monde.fr


Un article qui va rester d'anthologie: pour une fois, je me retrouve à 100% dans le diagnostic établi dans cet article du Monde, signé François Dubet et Marie Duru-Bellat. Bon, je n'ai pas de solutions à proposer à cet état de fait, mais j'ai l'impression pas désagréable d'avoir la même analyse que d'autres, qui eux l'expriment clairement. Bref, mon avis sur le sujet est le leur !
Publié dans : Graines d'oranger (archives)
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Jeudi 29 décembre 2005
Ce billet a été posté le 29 décembre 2005 sur mon blog perso.

Je regardais ce soir "Questions pour un champion" sur France 3. Depuis plusieurs jours, c'est une édition "juniors", c'est-à-dire que ce sont des lycéens qui s'affrontent avant une finale regroupant les 10 gagnants. Les questions sont plus à ma portée que d'habitude, et voir autant de jeunesse ne fait pas de mal ;)

Mais tel n'est pas l'objet de ma réflexion. En effet, ce que j'ai trouvé frappant, c'est que plusieurs d'entre eux (deux ce soir) manifestent leur volonté d'aller vivre ailleurs, comprendre "à l'étranger". Pourtant ce sont des personnes dont on peut se douter qu'elles iront loin (dans la hiérarchie sociale)... Mais elles ne se sentent pas chez elles en France, ou, sans extrapoler trop, on peut simplement estimer que la France ne les retient pas et même leur donne envie d'aller voir ailleurs. Je lisais récemment (je ne sais plus où, quand je le retrouve je le "blogue") que le discours libéral (comprendre "ultralibéral") s'était sournoisement insinué dans la majorité des esprits des Français, et favorisait un discours sur le "déclin" français... Peut-être que le raisonnement libéral gagne du terrain, mais est-ce un mal ? Et un pays qui donne à ses enfants l'envie d'aller voir ailleurs n'est-il pas vraiment en panne ?

Même réaction en lisant dans le Monde daté du 29/12 l'augmentation des inscriptions sur les listes électorales. L'article mentionne :
Tant pis, au moins il est sûr de pouvoir voter en 2007 "contre Le Pen et contre Sarko, qui nous a traités de racailles".
et finit:
Zina est plus sceptique que l'élu communiste : "A gauche, on attend toujours de savoir ce qu'ils proposent pour nous." Noria pense la même chose : "Je ne les ai pas entendus pendant les violences dans les banlieues. J'attends de voir."

Je complète par le point de vue suivant:

Chronique
Descente à gauche, par Éric Fottorino
LE MONDE | 27.12.05 | 15h26 • Mis à jour le 27.12.05 | 15h26

tteignant hier soir le terminus de la ligne 6 du métro parisien, station Charles-de-Gaulle, une voix de sono nous a cueilli avec un "Descente obligatoire à gauche". Un plan souterrain de la pensée nous a fait associer de Gaulle et la descente à gauche, comme si ce message de service contenait une dimension politique subliminale. Après deux mandats de chiraco-gaullisme, la descente se fera obligatoirement à gauche en 2007. A moins que la gauche, cacophonique et aphone, soit privée des voix qui la rendraient audible.


Un point de vue que je partage... Je suis aujourd'hui absolument incapable de voter pour des présidentielles, malgré les multiples candidatures, à droite comme à gauche. J'ai peur. Parce que je crois que voter est un devoir... qu'aucune des élections auxquelles j'ai pris part n'a donné de résultats positifs (depuis les présidentielles du 21 avril 2002 jusqu'au référendum du 29 mai 2005)... que l'abstention fait le jeu de Le Pen... Bref, je voudrais pouvoir me mobiliser, mais il n'y a aucune offre/possibilité de création d'une offre politique alternative.
Publié dans : Graines d'oranger (archives)
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